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Vins de fêtes : bien les mettre en scène !

Pour rendre encore plus sympathique cette période traditionnellement festive, quelques codes sont à connaître. En matière de mets comme de vins la quantité ne peut se substituer à la qualité et la modération apporte même un plaisir supplémentaire qui permet d’explorer encore plus d’horizons.

 

Première règle : ne pas se mettre de pression inutile. Ces repas festifs doivent rester dans le domaine du plaisir et il est inutile de chercher l’accord parfait qui par définition n’existe pas ! Ensuite, ne multipliez pas les plats et les vins, les palais comme les estomacs ont des limites qui peuvent être rapidement atteintes chez certains convives. Ne transformez pas un repas de fête en calvaire et en lendemain douloureux ! Enfin, sortez des sentiers battus ! Naturellement les grands vins d’appellations très connues sont très bons et impressionneront vos invités. Mais il existe une multitude de bouteilles moins célèbres qui vous procureront un plaisir immense à des prix bien inférieurs.

 

Rentrons dans le vif du sujet !

Un bon équilibre consiste à servir trois vins différents, par exemple un Champagne, un blanc sec puis un rouge. Si besoin vous pourrez servir à nouveau une flûte de champagne sur le dessert ! Et maintenant, à table !

À l’apéritif, les champagnes ont bien peu de concurrence. Servez un blanc de blancs tonique qui ouvrira l’appétit avec des gougères ou des toasts salés, au saumon, au foie gras… Autres possibilités : un crémant d’Alsace, un Vouvray ou un Saumur bruts tout en fraîcheur, moins onéreux et tout aussi festifs.

En entrée le traditionnel plateau de fruits de mer sera accompagné avec goût d’un sauvignon vif et fringant ou d’un muscadet sur lie finement perlant : aucun autre accord ne fonctionnera mieux que celui-ci. Si vous tenez absolument à servir un foie gras, associez lui un autre blanc sec comme un Pacherenc ou un Jurançon, un peu plus riches mais tout aussi nerveux. Si le homard ou la langouste ont vos préférences, servez un blanc plus complexe : Chablis, Meursault, Savennières, Alsace Grand Cru

Voici venue l’heure de la poularde ou du chapon, qui marque l’entrée en scène du rouge. Dans ce cas précis choisissez un vin de Loire type Chinon, Bourgueil ou Saumur (et Saumur-Champigny). Leurs tanins aériens et leur fruit intense se marieront bien à la finesse de ces volailles haut de gamme.

Du gibier, à plume ou à poil au programme. Misez sur des vins du Languedoc, bien mûrs, corsés et épicés pour faire face à ces plats solides et roboratifs : Pic Saint-Loup, Grès de Montpellier, Corbières, Saint-Chinian… Ou plus traditionnellement sur un Bordeaux (Pauillac, Saint-Estèphe), un Bourgogne (Pommard, Santenay, Nuits-Saint-Georges…) ou un vin du Rhône : Gigondas, Châteauneuf-du-Pape, Vacqueyras, Beaumes de Venise

Au moment des fromages, les puristes banniront les rouges et privilégieront les blancs secs un peu riches et opulents qui enrobent le gras de la tomme ou du saint-nectaire, tels un Arbois ou un Châteauneuf-du-Pape. Si vous ne pouvez pas envisager de vous passer de rouge, choisissez un Anjou, un Touraine ou un Sancerre.

Le dessert ouvre encore un autre registre de saveurs et nécessite la plus grande prudence. Avec une bûche pâtissière ou glacée, revenez sur le vin effervescent de l’apéritif qui évitera toute lourdeur en fin de repas.

Dans tous les cas, ce qui précède n’est nullement gravé dans le marbre. Faites-vous plaisir avant tout et si vous éprouvez l’envie de casser les codes et de tester un rouge corsé avec le fromage ou un blanc sec avec la volaille ; tentez l’expérience !

 

Accès aux vins de la Cave Gilbert & Gaillard

 

 

Rédigé par Sylvain Patard

07/12/2018