Un spritz et rien d'autre

C'est le cocktail incontournable de New-York à Paris en passant par Los Angeles et Berlin. Inventé à Venise, le spritz a su conquérir le monde entier en l'espace de sept ans. Des troquets de quartier aux terrasses des plus grands palaces, impossible d'échapper à ce mélange d'Apérol, de prosecco et d'eau gazeuse. Il serait même en passe de détrôner l'indéboulonnable mojito au palmarès des cocktails les plus commandés. Derrière sa robe orange vif, presque fluo, le spritz n'est pourtant pas né de la dernière pluie.

Son invention remonte au XIXe siècle, alors que les soldats de l'Empire Austro-Hongrois stationnaient dans la Sérénissime. Trouvant les vins italiens trop forts à leur goût, ils prirent l'habitude de demander aux barmen de les asperger d'eau gazeuse, « spritzen » en allemand. Si le terme resta, la recette, elle, évolua. On y ajouta peu à peu du prosecco, un vin blanc pétillant, puis un alcool amer, comme le Campari ou l'Aperol, et une rondelle d'orange faisant ainsi du spritz un cousin de l'americano. Auréolé de succès depuis son retour en grâce au milieu des années 2010, le spritz est aujourd'hui interprété de mille façons. On dit d'ailleurs qu'à Venise, chaque barman aurait sa propre recette... Les industriels se sont même emparés du phénomène, en lançant des sodas sans alcool saveur spritz, preuve que la vague n'a pas fini de déferler. De quoi réjouir le groupe Campari : chaque année, le cocktail rapporte 1,56 milliards d'euros au distributeur de l'Apérol. 

 

Alexandra Reveillon