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Traitements phytosanitaires : rude bataille en vue

Sur demande du Conseil d’État, l’arrêté du 12 septembre 2006* (publié le 21 septembre 2006) devra être abrogé d’ici le 6 décembre 2017 car Il avait été mis en place sans que la Commission Européenne en soit informée, ce qui est obligatoire. Cet arrêté régit tout ce qui concerne les produits phytosanitaires (comprenez : chimiques) utilisés pour traiter les cultures, dont la vigne : Quand traiter ? (pas juste avant la récolte) ? Comment ? (pas par vent trop fort…) Où ? (sur les cultures mais pas trop près des habitations ou des points d’eau)…

 

Le contexte

 

D’un côté, les changements climatiques induisent de plus en plus de maladies, de champignons et de ravageurs sur les cultures et l’industrialisation de l’agriculture (des exploitations de plus en plus grandes) met en jeu des investissements croissants où le risque financier devient de moins en moins acceptable. Enfin la grande distribution, où se vend la majeure partie des récoltes (quand elles ne sont pas transformées), impose des produits à l’apparence parfaite et de longue conservation.

En face, le plan Ecophyto lancé par le Grenelle de l’environnement visant à diviser par deux la quantité de pesticides entre 2008 et 2018 est un échec. Elle a augmenté de 5% par an entre 2009 et 2013 et ensuite de 9%. Et la vigne n’est pas un modèle : on y répand 20 % des produits, alors que sa surface ne représente que 3 % des cultures.

 

La bataille

 

La FNSEA s’insurge déjà contre le texte qui s’annonce, essentiellement autour de 3 points. Tout d’abord les zones non traitées (ZNT) qui devraient inclure les fossés, les bordures de bosquets haies et forêts, ainsi que des bandes de 5 à 20 m autour des habitations  (« 4 millions d’hectares non traités ! »). Ensuite la vérification que le vent est dans la limite maximum (19 km/h) tolérée lors des traitements : l’estimation empirique (échelle de Beaufort) serait remplacée par une mesure avec anémomètre pendant 10 minutes au niveau des cultures, (« dangereux pour les arboriculteurs à la cime des arbres »). Enfin, plus de produits seraient classés dans la catégorie interdisant de pénétrer dans la culture pendant les 48 heures suivant leur pulvérisation. D’ailleurs certaines structures comme la Confédération paysanne de Gironde ou Alerte Pesticides Léognan, se font de plus en plus entendre quant aux risques inhérents.

En cette période d’élection présidentielle toute proche, les pressions de toutes parts vont être fortes car avec 515 000 exploitations agricoles en France, l’électorat paysan demeure conséquent. Mais alors qu’il y a une réelle prise de conscience des consommateurs, cette position extrême de la FNSEA ressemble fort à une fuite en avant… vers le passé !

 

*https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000425570