Sophia Loren : grands vins et grands hommes ont fait partie de sa vie

 Marion Cotillard et Sophia Loren, partenaires dans "Nine", de Rob Marshall

 

 

Légende vivante du cinéma, la toujours bellissima Sophia Loren a choisi la plateforme Netflix pour son grand retour devant les caméras. La star italienne est à l'affiche d'une nouvelle adaptation du roman de Romain Gary (prix Goncourt 1975) : « La Vie devant soi », réalisée par son fils Edoardo Ponti. Le film sera diffusé dans le monde entier le 13 novembre prochain. On l’avait quittée en 2009 après la sortie de son dernier long-métrage, en l’occurrence « Nine » avec Marion Cotillard. Interviewer l’ex bomba, c’est donc, un privilège rare. C’est aussi un peu comme voir les rayons du soleil se faufiler à travers les persiennes d’une chambre donnant sur le Rialto ou savourer une gelato en étant assis à côté de la Fontaine de Trevi un soir d’été caniculaire à Rome. Un plaisir qui ne se refuse pas ! La dame aux yeux de chat n’a rien perdu de son magnétisme. Ah nostalgie quand tu nous tiens !

 

 

J’ai été mariée quarante et un ans à Carlo Ponti. Un homme merveilleux. Nous nous sommes rencontrés lors d'un concours de beauté à Rome quand j'avais 17 ans. Il faisait partie du jury. C’est lui qui m’a guidé dans ma carrière ! C’est aussi lui qui m’a fait perdre mon accent napolitain et qui m’a donné des conseils de… beauté ou pour me mettre en valeur. Un jour, il m’a dit : « Tu devrais toujours porter des tailleurs parce que cela te va comme un gant ! ». Et puis parfois, il me sortait des trucs du genre : « Tu devrais faire comme Lucia Bosé, avoir les cheveux courts ! Va chez le coiffeur te les faire couper ! ». Je l’écoutais religieusement ! J’étais comme une toile vierge. C’est lui qui a pris la palette et mis des couleurs dessus ! Grâce à lui Sofia Scicolone est devenue Sophia Loren ! Aucun homme avant lui n’avait fait ça pour moi ! C’est également lui qui m’a appris à devenir une bonne mère, une bonne actrice, un être humain avec des valeurs. Carlo a aussi fait disparaître ce manque de confiance chronique que j’avais en moi. Il m’a libéré d’un carcan. Il m’a pris sous son aile et transformée en femme capable d’affronter la vie. C’est aussi lui qui m’a fait découvrir le bon vin. Il n’hésitait pas à commander ce qu’il y avait de meilleur quand nous allions au restaurant. J’ai également adoré travailler avec Marcello Mastroianni. Nous avons tourné quatorze films ensemble et il était tellement charmant et amusant. Quand j’y songe, je n'ai jamais eu l'impression de travailler avec lui. C’était un enchantement. Marcello était un homme exquis. Un acteur hors-pair capable de passer de la comédie à la tragédie avec une facilité déconcertante ! J’aimais sa simplicité et son penchant épicurien. Il adorait manger. Au breakfast, il vous parlait du vin qu’il allait boire à midi et aussi au dîner. Un pur Italien quoi ! Je vis à Genève aujourd’hui. C’est à dire non loin de la France, de l’Italie et de l’Allemagne. Comme c’est une ville très internationale, on trouve des magasins qui vous proposent ce qui se fait de mieux en matière de vin. J’en consomme raisonnablement. Surtout avec mes amis. Nous partons marcher dans la campagne nous nous versons un petit verre. Je ne mange pas beaucoup à part ça. J’essaie de maintenir mon poids tant bien que mal. Parfois j’exagère, quand je suis en colère après quelqu’un, et je mange un énorme plat de spaghetti, bien sûr. (rires) Quelque part, cela me satisfait, mais la plupart du temps je fais attention. A mon âge, plus question de commettre trop d’abus !

 

 

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant à Los Angeles