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Remue-ménage du côté de la loi Evin

À la veille de l'inauguration de l'édition 2015 de Vinexpo à Bordeaux les députés ont voté, contre l'avis du gouvernement, un amendement qui pourrait quelque peu bouleverser la filière vinicole. Entrée en vigueur en 1991, la loi Evin encadre la consommation d'alcool : cette nouvelle disposition pourrait conduire à assouplir la loi en introduisant une distinction entre information (articles de presse par exemple) et publicité.

 

François Hollande, en visite au salon le dimanche 14 juin, a fait usage de l'habituelle langue de bois politique et évoqué de manière obscure ce sujet sensible : "L'équilibre de la loi Evin doit être préservé sans créer de divisions." Si un tel changement peut se révéler bénéfique pour la filière des alcools et faciliter la communication, le texte fait débat. Où se situe en effet la frontière entre contenu informatif et campagne publicitaire ?

 

Certains craignent des dérives et un retour du lobby de l'alcool. Claude Evin se dit "très inquiet", les associations de lutte contre l'alcoolisme s'insurgent. Marisol Touraine regrette quant à elle que la loi Macron, dans le cadre de laquelle l'amendement a été voté, "serve à détricoter la loi Evin" et dénonce un coup dur porté à la santé publique. Il nous faut attendre donc et espérer que cette loi qui a parfois donné lieu à des aberrations et des condamnations en justice inédites, s'assouplisse quelque peu. Si on en croit François Hollande, "le débat ne devrait pas s'éterniser."