Reconnaître un vin à l'aveugle, tout un art...

Il est toujours impressionnant d'assister à des concours lors desquels les plus grands professionnels, sommeliers, Masters of Wine, journalistes, s'essaient à l'épreuve difficile de la dégustation à l'aveugle. Ces spécialistes au palais surdéveloppé sont-ils vraiment capables d'identifier un vin par la seule dégustation ?

 

C'est très intimidant de se retrouver face à son verre et à un vin qui ne nous révèle rien de son histoire. Bien sûr, à force de travail et de méthode, il est possible de reconnaître un cépage, la région de production du vin, son millésime. Mais pour détecter un vigneron, une cuvée en particulier, il faut avoir énormément dégusté. Il s'agit d'un vrai travail de mémoire. Et quel travail !

 

En France par exemple, on compte plusieurs dizaines de milliers de producteurs pour 400 appellations. En admettant que chaque vigneron produise en moyenne 3 cuvées par domaine et ceci chaque année... Il faudrait, pour tous les connaître, déguster 780 vins par jour. Alors, cap' ou pas cap' ? Bien entendu, un bon vin est plus facilement identifiable qu'un vin médiocre qu'on va s'empresser d'oublier. Par ailleurs, la dégustation est un exercice très complexe qui ne se cantonne pas à l'aspect organoleptique du vin, nous y reviendrons lors d'un prochain sujet.

 

Pour sauver la face en cas d’erreur, on pourra toujours citer Harry Waugh, grande figure de l'industrie du vin au palais remarquable qui en réponse à la question : "Avez-vous déjà confondu un bourgogne avec un bordeaux ?" répondit très humblement "pas depuis le déjeuner".