Récolte 2016 : petits volumes, grande qualité !

À l’heure où la plupart des vignobles ont été vendangés (à l’exception de certains vins moelleux et liquoreux), retour sur cette récolte particulière.

 

Faible quantité

Tout d’abord, les volumes sont faibles dans l’ensemble. 42,2 millions d’hectolitres estimés par France Agrimer, soit -12 % par rapport au beau millésime 2015. C’est une des plus faibles vendanges des 30 dernières années. L’Italie, elle, ne serait en recul que de -2% à 50,3 millions hl, et l’Espagne avec 42.5 millions hl pourrait passer juste devant la France.

En fait, la situation est très hétérogène de par les intempéries. Les épisodes de gel printaniers (en Champagne, Val de Loire et Bourgogne), les dégâts de la grêle (Charentes, Bourgogne, Beaujolais, Languedoc-Roussillon), le mildiou (Champagne et Val de Loire) ainsi que la sécheresse (autour de la Méditerranée) en sont évidemment responsables. Seuls le Bordelais, et surtout l’Alsace, tirent leur épingle du jeu concernant les volumes.

 

Probable bonne qualité

Mais l’été, quoique tardif, s’est ensuite bien installé. Dès lors, beaucoup de jus s’avèrent qualitatifs. Un beau potentiel tannique (il ne fallait pas vendanger trop tôt pour avoir une bonne maturité) est ainsi pressenti à Bordeaux. De fait, de nombreux acteurs pensent que les rouges pourraient y être supérieurs à ceux de 2015.

En Bourgogne, après des tris de raisins souvent drastiques, les jus sont équilibrés, souples et aromatiques. Peut-être un millésime flatteur ?

Dans le Val de Loire la qualité est jolie également. En Anjou la pourriture noble s’installe progressivement, mais il est encore trop tôt pour savoir si 2016 sera une année à liquoreux.

En Champagne, acidité et maturité des raisins rappellent un peu 2002 (qui s’était révélée une grande année permettant de superbes millésimés). Mais les vignerons décideront bien plus tard de faire ou pas un millésime pour 2016.

Dans la vallée méridionale du Rhône, et particulièrement à Châteauneuf du pape, la joie prédomine. La récolte très saine a donné lieu à un minimum de tri, et les jus ne titrent pas à des niveaux trop élevés. 2016 devrait être un grand millésime.

 

Maintenant, les cuves fermentent sous l’œil attentif des vignerons. Rendez-vous le jeudi 17 novembre pour déguster les premiers 2016 avec le beaujolais primeur.