Quand le rêve américain devient réalité

En janvier 2016, la famille Tesseron, propriétaire du Château Pontet-Canet, a acheté le domaine viticole de la défunte star américaine Robin Williams. Après 1 an de cycle de la vigne, où en est cette aventure ?

 

Le rêve des Tesseron

La famille, qui a fait fortune dans le Cognac, a acquis Pontet-Canet en 1975. Mais quand Alfred, le fils, a pris la relève en 1994, il a considérablement amélioré la qualité de ce cru de Pauillac (classé 5e en 1855). Quand le domaine a ensuite débuté sa conversion en biodynamie en 2004, ce fut une révolution. Dès lors, toute chimie en fut proscrite. Depuis plusieurs années, la famille cherchait un investissement à l’international, nous explique Justine, la fille de la famille qui a rejoint l’aventure. Avec le domaine Pym-Rae, l’opportunité idéale s’est présentée.

 

Mélanie et Alfred Tesseron en compagnie de Jean-Michel Comme.

 

Villa de villégiature

La star américaine avait investi dans une propriété californienne avec une superbe villa (villa Sorriso) de 1850 m2 et 260 ha de terrain. Les wineries voisines l’avait convaincu de planter de la vigne sur ses terres, et en récupéraient les raisins qu’ils appréciaient. Robin Williams ne faisait pas son vin. La propriété a été baptisée avec les seconds prénoms des enfants de l’acteur : Zachary Pym et Zelda Rae Williams. Elle était en vente depuis 2014.

 

Justine, Aldred, Mélanie Tesseron et Jean-Michel Comme dans les vignes de Pontet-Canet.

 

Une opportunité magnifique

Pour les Tesseron, ce fut le choix évident. Au-delà de l’aspect porteur de la Napa Valley (le marché américain du vin est en pleine croissance), de l’altitude de l’appellation Mount Veeder * qui protège du changement climatique, l’encépagement est séducteur : 65% de Cabernet Sauvignon, 25% de Merlot et 10% de Cabernet Franc ; c’est très proche de celui de Pontet-Canet (qui compte aussi 2% de Petit Verdot). Avec 25 ans d’âge en moyenne, le vignoble de 7,5 ha est de plus en plein potentiel. Et sentimentalement le choix fut aussi évident nous dit Justine. Son père voue en effet une véritable admiration à ce grand pays où il a débuté sa carrière. Même chose pour Jean-Michel Comme, le Directeur technique de Pontet-Cannet qui supervise maintenant les deux domaines : lui aussi a commencé par un stage aux États-Unis. Son fils (Thomas) est d’ailleurs maintenant à demeure pour s’occuper du domaine qui conserve son nom : Pym-Rae.

 

Pym-Rae était avant tout un lieu de villégiature mais 7,5 hectares de vignes y sont plantés.

 

Première année de travail

Alfred insiste qu’il faut rester modeste et apprendre du terroir. Les bonnes pratiques de Pontet-Canet ont bien sûr immédiatement été appliquées. L’activité a débuté l’hiver dernier par la taille. Le domaine a tout de suite démarré une conversion en biodynamie, (certification prévue pour 2019), abandonnant ainsi toute irrigation. Les vendanges ont été manuelles et le vin ne va pas tarder à être mis en barriques pour son élevage. (À Pontet-Canet l’élevage est de 16 mois : 50% en fut neuf, 35% en amphores et 15% en fut d’un an).

Il faudra donc attendre encore un peu avant de déguster ce premier millésime (2016), dont on espère qu’il sera distribué en Europe. Il ne s’agit absolument pas de créer un clone de Pontet-Canet - le goût sera probablement différent - mais d’obtenir une qualité semblable. Long Life Pym-Rae !

 

* Mount Veeder (MV) est une AVA (American Viticulture Area) californienne. Reconnue officiellement en 1990, cette appellation est située dans la Napa Valley sur les pentes des montagnes Mayacayas, ce qui lui confère une certaine fraicheur (Villa Sorriso est à environ 500 m au-dessus du niveau de la mer).