Ouvrez votre champagne comme un pro !

C’est un geste qui peut être dangereux, ce n’est pas pour rien qu’au XIXe siècle, les ouvriers des caves champenoises se protégeaient avec des masques d’escrime. Voici quelques astuces et règles de sécurité pour éviter une visite aux Urgences ! 

L’effervescence du Champagne est conséquente, c’est délibéré et c’est surtout sa raison d’être. Les nombreuses bulles qui éclatent en surface intensifient les arômes et le flot continue longuement, jusqu’à plusieurs heures après l’ouverture d’une bouteille. Mais si le bouchon part de lui-même, il atteint une vitesse suffisante pour que la paupière - par exemple - n’ait pas le temps de se fermer. Une bouteille est soumise à 6 bars de pression et lors de son ouverture, le bouchon atteint 40 km/h en 1/10e de seconde.

 

Les règles d’ouverture

Rafraichir tout d’abord la bouteille (6-8 °C). Sachez que moins un liquide est froid plus le gaz qu’il contient cherche à s’en échapper brutalement. Préparez vos flutes ou vos coupes, sauf si vous êtes Russe blanc et que vous faites perdurez les us et coutumes du début du XXe siècle, auquel cas vous utiliserez l’escarpin de votre partenaire !

Si la bouteille baignait partiellement dans un seau à champagne, essuyez-la et renversez-la TRES DOUCEMENT 2 à 3 fois, pour que les premiers verres ne soient pas servis tièdes. Comme vous le savez, seuls les gagnants de Grand Prix de Formule 1 se doivent d’arroser copieusement leurs fans et leurs adversaires en secouant vigoureusement leur magnum.

Un pouce bloquant le bouchon, détordez de l’autre main l’œillet du muselet. (Découper la collerette métallique et retirer le muselet, sont une perte de temps i-n-u-t-i-l-e ! Comme le rappelle fort justement l’Union des Maisons de Champagne).

A deux mains, l’une bloquant le bouchon, l’autre au « cul » du flacon, orientez-le à 45° en prenant soin de ne viser personne. (L’inclinaison abaisse la pression contre le bouchon). Évitez de touchez le col de la bouteille, pour ne pas y réchauffer le champagne.

Tournez la bouteille doucement, par sa base. Cela permet un meilleur contrôle et réduit le risque de casser un bouchon fatigué. Depuis la fin du Second Empire, le saute-bouchon n’est plus de mode. L’étiquette contemporaine exige au contraire un discret « pschitt », garant du maintien d’un maximum d’effervescence.

Sentez la base du bouchon (le miroir) pour détecter une éventuelle odeur disgracieuse et surtout épater vos convives (si les Trichloroanisoles qui provoquent le fameux « goût de bouchon » peuvent aussi contaminer les bouchons de champagne, la probabilité n’est que de l’ordre de 1%).

 

Une quincaillerie peu utile

Si on évite bien sur le tire-bouchon classique, on restera circonspect quant aux nombreux autres outils. - La pince à bouchon de champagne ne doit être réservée qu’aux bouchons hyper adhésifs. Elle ne sert qu’à amorcer l’ouverture, qui se termine à la main.
- Les tire-bouchons à champagne, s’ils fonctionnent, remplissent bien souvent inutilement les tiroirs. - Enfin, la mitraillette à Champagne est plus destinée aux fêtards qu’aux réels amateurs.

Santé !

 

Rédigé par Alain Echalier

31/12/2018