Martin Scorsese : « Le vin c’est d’abord des anecdotes savoureuses »

Frank Rousseau et Martin Scorsese

 

On ne présente plus l’enfant de Little Italy ! Martin Scorsese c’est environ une trentaine de longs-métrages dont Taxi Driver, New York-New York, Raging Bull, Les Affranchis, Aviator, Shutter island, Le loup de Wall Street… ça vous suffit ou je poursuis ? Bref, quand on sait qu’en plus il est pote avec Coppola aussi doué en matière de vin que de cinéma !

Je suis très ami avec Francis Ford Coppola. Comme vous le savez, il possède un magnifique vignoble en Californie. Un week-end, il y a une dizaine d’années, pour répondre à son invitation, nous nous étions rendus, ma femme et moi, dans son domaine. J’avais promis à Francis que je lui ferai un poulet au citron. La spécialité de feu ma mère. Nous étions tous à table et visiblement Francis adorait cette recette familiale. Pendant tout le repas, il n’a eu de cesse de me complimenter. Comme il restait une cuisse de poulet, je lui ai proposé de se servir à nouveau. Francis m’a alors dit : « OK, mais dans ce cas, tu termines ce Pinot avec moi ! ». Ce que je fis. Le vin issu de ses caves était exceptionnel. Le problème, c’est que je n’avais pas trop mangé, contrairement à lui qui, à l’époque, avait un sacré coup de fourchette. Le vin m’a donc, très vite, fait tourner la tête ! J’ai commencé à voir des étoiles un peu partout. Après une bonne nuit de sommeil, au petit déjeuner, Francis m’a demandé si je voulais cuisiner avec lui, l’une de ses spécialités à lui. A savoir : le coq… au vin ! J’étais, comment dirai-je ? Très embarrassé ! Je ne voulais pas l’offusquer en lui disant que le mot « vin » associé à une volaille, ça me donnait des vertiges ! C’est alors que Francis a ri aux éclats ! Il venait de me faire une blague et je ne l’avais pas vu venir !

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant à Los Angeles