Lulu Wang : « Un Chablis, je n’avais jamais bu quelque chose de si délicieux »

Scénariste et réalisatrice sino-américaine, Lulu Wang nous parle de la manière surprenante dont elle a découvert le monde du vin.

 

Je suis née en Chine, à Pékin. J’avais six ans quand on mes parents se sont installés aux Etats-Unis, à Miami. Je n’ai pas découvert le vin en Chine, car j’étais trop jeune, mais dans le Lower East-Side à New York. Je devais avoir 20 ans. Une amie m’avait conviée pour enterrer sa vie de jeune fille. Le restaurant où nous devions nous rendre était fermé, nous sommes donc allées dans un bar à vins. Je me souviens avoir été sidérée par le nombre de bouteilles exposées. Il y en avait du sol au plafond. C’était très impressionnant. A un moment, un type est venu vers moi. Ce que je ne savais pas c’est qu’il s’agissait d’un sommelier. Il m’a alors demandé ce que je voulais déguster. J’étais incapable de lui donner le nom d’un vin ! Je lui ai confié que j’étais inculte dans ce domaine. Le gars m’a alors fait une petite formation rapide. J’ai vraiment apprécié qu’il prenne du temps pour moi. Quand je lui ai fait savoir, il m’a répondu. « Il est important que je vous fasse goûter le meilleur ! Il faut partir sur de bonnes bases ! ». Il a alors ouvert une bouteille de Bourgogne, un Chablis. Je n’avais jamais bu quelque chose de si délicieux. En repartant, j’ai pris soin de prendre leur carte car je voulais y retourner. Pendant un an, ce sommelier m’a initié au monde du vin ! Depuis, je suis devenue une inconditionnelle de cet univers. Dès que l’occasion m’en est donnée, je parle de mon expérience à toutes les personnes qui ont le sentiment que ce monde ne concerne que les initiés. Je suis la preuve vivante que rien n’est impossible quand on est animée par une passion !  Même tardive !

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant à Los Angeles