Le chenin : merveille de la nature !

Principalement utilisé en France en particulier dans la vallée de la Loire, le chenin est d’ailleurs aussi appelé pineau de la Loire. Il est très probablement originaire d’Anjou où il aurait été cultivé par les moines de l’Abbaye de Saint-Maur - entre Angers et Saumur - dès le 6e siècle. Puis il aurait fait le voyage en Touraine jusqu’au château de Chenonceaux où il fut confié par le seigneur du lieu à son beau-frère alors abbé de Cormery à Mont-Chenin, près de Tours. Ce qui expliquerait son nom actuel !

 

C’est la star de la région, qui se plait particulièrement sur les sols de craies ici appelés tuffeau, d’où furent extraites les pierres calcaires utilisées pour la construction des plus grands châteaux de la Loire. Robuste et au débourrement précoce, le chenin est l’un des cépages les plus polyvalents. Il résiste bien aux maladies, mais sa grande particularité est son immense faculté d’adaptation qui lui permet de donner vie aussi bien à des blancs secs, des demi-secs, des liquoreux (la finesse de sa pellicule le rend sensible au botrytis, atout inestimable pour la production de la pourriture noble) ou encore des vins effervescents.

 

Idéalement structuré par son acidité, intense et élégant, doté d’arômes complexes de foin coupé, de pomme verte, de poire, d’abricot, d’amande, d’agrumes, de fleurs blanches (acacia, chèvrefeuille), de miel, de pain d’épices… le vin de chenin est vif et nerveux, ce qui lui confère aussi un bon potentiel de garde. Les exemples de longévité sont légion et les vins accusant deux, trois décennies sont en général en pleine force de l’âge. Mais aussi incroyable que ça puisse paraître, il est encore possible de déguster des vins du XIXe siècle (1870-1893…) toujours en vie. A condition naturellement qu’ils n’aient pas bougé depuis leur naissance des caves de tuffeau ligériennes.

 

De sa terre natale, le chenin a depuis essaimé dans d’autres régions de France mais de façon assez marginale, en Corse dans le Sud-Ouest et en Languedoc (à Limoux). Mais c’est surtout à l’étranger qu’il s’est imposé. Il arriva en Afrique du Sud (où on l’appelle steen) dès le XVIIe siècle dans les bagages des huguenots fuyant la révocation de l’Edit de Nantes. Il y est aujourd’hui « number one » des cépages blancs présents dans le pays (18 000 ha). Il est aussi représenté en Argentine, au Chili, en Californie (dans la Central valley), en Australie, en Nouvelle-Zélande et jusqu’au Canada (Colombie britannique et Ontario).