Le bio, c’est aussi bon pour l’emploi !

L’association interprofessionnelle SudVinBio a commandé au MOISA (une unité mixte de recherche) une étude sur l’emploi de la filière viti-vinicole bio. Les résultats ont été présentés le 18 octobre.

 

Rappelons que le vin en France génère 558 000 emplois (dont plus de 100 000 viticulteurs). Le bio y est en plein essor, car sur les 15 dernières années le nombre d’exploitations bio a été multiplié par 5 pour atteindre 5 186 (soit 9% du vignoble, pour 13% des vins bus en France). Sur la même période, la taille moyenne des exploitations bio est passée de 6,2 à 11,4 ha.

 

En bio, les chefs d’exploitations sont en moyenne un peu plus jeunes (47 ans), contre 52 en conventionnelle, mais aussi plus qualifiés (formation agricole et/ou générale, formation continue).

Concernant l’emploi, la différence est significative. En agriculture conventionnelle la répartition des exploitations par salariés est de 48% avec 1 salarié, 21% avec 2 salariés, et 31% au-delà. Tandis qu’en bio, elle est respectivement de 43%, 38% et 20%. En moyenne, une exploitation bio crée 1,5 fois plus d’emploi qu’une non-bio. Par extrapolation, Patrick Guiraud (le Président de SudVinBio) a indiqué que si toutes les exploitations viticoles étaient en bio, près de 250 000 emplois seraient créés.

 

De plus, en bio, les emplois sont un peu plus stables. En effet, 71,5% des salariés sont à temps complet, contre 66,8% en conventionnel (les travaux en viticulture étant par définition saisonniers). Les emplois sont également plus qualifiés : 18% sont cadres ou techniciens (contre 12% en conventionnel). Et pourtant le nombre de formations initiales en bio reste limité. (Ce sont plutôt les formations permanentes qui prédominent).

 

Quand France stratégie estime que d’ici 2022 le monde agricole perdra 10 % d’emploi, cette étude fournit une piste intéressante concernant la possibilité de maintenir des emplois en milieu agricole.