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La 5e génération fait souffler un vent de modernité sur le Champagne Xavier Loriot

La trentaine conquérante, Charlène Loriot ne compte pas faire rimer tradition et immobilisme. Investie dans le domaine familial aux côtés de ses parents, Xavier et Christine, la jeune femme incarne la cinquième génération de vignerons indépendants. Depuis dix ans, elle multiplie les initiatives pour moderniser le Champagne Xavier Loriot. Nouvelle stratégie marketing, cuverie supplémentaire, cuvées innovantes... Rien n'est laissé au hasard. « Je fais partie de la bonne génération » analyse-t-elle. « Mes grands-parents ont acheté les vignes, mes parents ont agrandi le domaine et construit le pressoir. J'ai la chance de ne pas avoir de gros chantier, je peux donc investir dans le vin ». 

 

La démarche est poussée jusque dans le vignoble, où les méthodes de culture raisonnée ont peu à peu été adoptées. « J'ai eu un déclic quand j'ai eu du mal à avoir un enfant. Même si on n'a pas le climat idéal pour faire du bio, on peut faire des choses à notre échelle pour préserver notre terre et les futures générations ». Aujourd'hui, Charlène Loriot travaille avec sa sœur Marine, technicienne viticole, pour traiter les vignes aussi peu que possible. Paradoxe de la modernité, les charrues et les allées enherbées pour favoriser la biodiversité sont ainsi remplacé la plupart des produits phytosanitaires. « Il y a vingt ans, mon père aurait trouvé cette idée complètement folle ! »

 

Petit à petit, les 10,5 hectares de vignes du domaines sont convertis à la viticulture raisonnée. Les champagnes de la maison, eux, évoluent progressivement, « pour ne pas perturber les clients ». Signe des temps, l'une des trois dernières cuvées lancées par Charlène Loriot, hommage à son fils de 4 ans, ne contient aucun sulfite ajouté. 

 

Alexandra Reveillon