i

Jeremy Irons, esthète du vin

Dans « Race » il incarne Avery Brundage, un dirigeant sportif américain qui s’opposa fortement au boycott des Jeux Olympiques d’été de 1936 à Berlin. Et ce dans le contexte du nazisme et de la persécution des Juifs.

 

Brundage amènera finalement avec succès une délégation américaine à ces Jeux, mais la participation de ces athlètes yankee sera controversée. Et ce malgré la victoire de Jesse Owens (joué par Stephan James), athlète Afro-américain, quatre fois champion olympique et qui est au centre de ce film réalisé par Stephen Hopkins.

 

Rappelons que Brundage organisera également les Jeux de Munich en 1972. Là aussi….polémique. A la cérémonie commémorative, après le meurtre de onze athlètes israéliens par des terroristes, cet homme va décrier la politisation du sport, puis refuser d'annuler les épreuves restantes en déclarant que « les Jeux doivent continuer ». Cette phrase sera applaudie par le public, mais la décision de poursuivre les Jeux sera fortement critiquée par la suite. Rencontre avec le très terre-à-terre Jeremy Irons, l’interprète hyper convaincant de cette figure en demi-teinte du monde Olympique…

 

Qui dit Jeux Olympiques dit « trophées ». En tant qu’acteur, vous en avez remporté plus d’un dans votre spécialité ! A part ça, qu’est-ce que vous collectionner chez vous ? J’ai entendu dire que vous étiez un fou de motos et que vous aimiez les bons vins ?

 

Je ne suis pas un collectionneur ! Quant aux motos, j’ai la même depuis plus depuis 27 ans ! Elle roule encore. Bien mieux, j’en suis sûr, que toutes les motos qui se fabriquent aujourd’hui ! Bref, je suis loyal avec les choses qui ne me lâchent pas ! (rires). J’ai été aussi élevé dans l’idée qu’il ne faut pas gaspiller. A une période de ma vie, il m’est arrivé d’acheter une peinture, une belle toile. Non pas parce que c’était un placement financier, mais plutôt parce que cette œuvre déclenchait une émotion en moi ! Du coup, à chaque fois que je tournais un film, je m’offrais une toile ! Comme j’ai une carrière, une filmographie assez longue, je vous laisse imaginer le nombre de toiles que j’ai pu acheter ces dernières années ! Très vite, mes murs se sont retrouvés saturés. Pour ce qui est du vin, j’ai quelques bonnes bouteilles dans ma cave. Ce n’est pas tant pour moi mais plutôt pour mes amis lorsque nous organisons des diners à la maison. Ma femme étant en plus un cordon bleu, il est normal que nous honorions les mets qu’elle a préparé avec des breuvages de qualité. Mais bon, je ne suis pas très porté sur la nourriture et sur le vin  ! Peut-être tout simplement parce que la bonne nourriture et les bons crus, j’entends par là les produits sains, qui ont du goût et dans laquelle on ne fourre pas un tas de saloperies chimiques, nous avons de plus en plus de mal à la trouver. Du coup, j’ai tendance à me méfier.

 

Comme beaucoup de vos compatriotes britanniques, pourquoi n’avez vous jamais voulu vous installer à Hollywood ?

 

J’ai été séduit, un temps, par l’énergie que dégageait cette ville jusqu’à ce que je comprenne la vacuité et la stérilité des lieux. Hollywood n’était pas un endroit où je désirais fonder une famille. Encore aujourd’hui quand je me rends sur place, j’ai un peu le sentiment d’être comme un poisson que l’on placerait dans un bocal sans eau ! Je suis aussi un jardinier. Un homme de la terre. Je suis comme les plantes, j’a besoin de certaines conditions pour pousser ! D’un certain climat ! D’un certain espace ! Si vous me transplantez, je m’étiole ! Je me fane !  Je ne veux pas changer ! Je veux rester le même ! J’aime trop la campagne anglaise. J’ajoute une chose toute bête. Quand je conduis dans le countryside british, j’emprunte des petites routes ombragées et sinueuses et non des autoroutes toutes droites et toutes plates ! J’aurais peut-être rencontré plus de succès aux Etats Unis mais je n’aurai pas été plus heureux ! Pas de regret donc ! Je pense sincèrement que l’Angleterre et l’Irlande sont les deux plus beaux endroits de la Terre. Probablement pas au niveau du climat ou de la photographie, mais en terme de culture et d’Histoire, difficile de rivaliser ! J’ajouterai la France. J’adore me promener au milieu des champs, des vignes, de la verdure. Il faut admettre que vous avez su faire fructifier votre terroir au gré des siècles et rien que pour ça, je vous admire…

 

 

Retrouvez notre rubrique People