Jennifer Hudson : Depuis toujours, adepte des très grands vins

C’est une des valeurs sûres de la variété américaine. Sa prouesse ? Prouver que l’on peut se prendre une veste à la finale de l’émission « American Idol », l’équivalent en France de « La Nouvelle Star » et réussir à se faire un nom. La preuve, Bill Condom, le réalisateur de la comédie musicale « Dreamgirls » lui confiera le rôle d’Effie : une chanteuse de R&B essayant avec ses copines de caracoler dans le billboard. La prestation fut telle que cette fille d’origine modeste élevée à Chicago décrocha un Oscar. Et si le secret de sa voix si vitaminée résidait dans un petit verre de vin ?

 

J’avais sept ans quand j’ai découvert que j’avais de la voix! Ma grand-mère avait l’habitude de chanter à l’église. Je venais souvent l’accompagner car elle avait un talent immense. Elle m’impressionnait. Et puis, un jour, elle n’a pu avec sa voix obtenir une certaine note. Une note assez haut-perchée. Ses cordes vocales ne le lui permettaient pas.  C’est alors que j’ai chanté à sa place. Ma grand-mère n’en revenait pas. En rentrant chez ma mère, la première chose qu’elle a dit, c’est : « Cet enfant deviendra un jour une chanteuse professionnelle ». J’ai eu le déclic à ce moment-là. Et pourtant, je suis née avec un sérieux handicap ! J’avais des poumons atrophiés à ma naissance. La première fois que j’ai gagné ma vie en interprétant des chansons, c’est lorsque je me suis produite au Marriott Theatre de Marriott de Lincolnshire  dans une comédie musicale intitulée « Big River ». Avant ça, j’arrondissais les fins de mois en interprétant quelques « standards » de la variété américaine pour des mariages et parfois même des enterrements. Je me souviens qu’à la fin de ma prestation, l’un des producteurs m’a demandé si je voulais me rafraîchir : « Je lui ai répondu qu’un petit verre de rosé me ferait plaisir ! ». Il m’a alors dit : « J’ai bien mieux qu’un rosé ! Je vais te commander un vin extraordinaire ! ». Cinq minutes plus tard, un sommelier est arrivé avec une bouteille sur laquelle je pouvais lire mon année de naissance. C’est à dire 1981. C’est tout bête mais j’étais impressionnée. L’étiquette indiquait que c’était un Château Lafite Rothschild. A cette époque, j’étais toute jeune. Une vingtaine d’années. Je ne connaissais rien aux vins ! J’ai donc bu de petites gorgées et là, j’ai découvert un autre monde, quelque chose de puissant, d’envoûtant. Depuis, j’aime reproduire ce rituel qui consiste à boire un petit verre de grand vin après chacune de mes prestations. Cela me fait du bien et surtout ça me rappelle mes débuts !

  

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant à Los Angeles