Jane Fonda : « Dans le vin aussi la notion de plaisir est importante »

 

Elle a 80 printemps et le temps semble n’avoir aucune prise sur elle. L’ex héroïne de « On achève bien les chevaux » a su rester aussi pétillante qu’une bonne bouteille de Champagne pour reprendre une jolie formule de Vadim ! Rencontre…

 

Frank Rousseau : "Il y a tout juste 50 ans « Barbarella » sortait en salle Quand vous tombez, par hasard, sur des photos de vous ultra sexy vous sentez-vous envahie par une forme de nostalgie ?"

Jane Fonda : "Non ! Je suis plutôt amusée. Barbarella me fait sourire. Je la trouve charmante et provocante d’une certaine manière. Mais c’était il y a tellement longtemps... Si j’ai fait ce film c’était surtout pour faire plaisir à mon homme : Roger Vadim."

 

Frank : "Provocatrice, vous l’êtes toujours où vous vous êtes calmée à ce niveau-là ?"

Jane : "La provoc’ j’ai un peu laissé tomber. En grande partie parce que mes enfants m’ont demandé d’arrêter (rires). Je n’ai jamais consciemment souhaité être dans la provocation. Je ne sais pas d’où vient cette propension. Mais j’ai beaucoup changé."

 

Frank : "Dites-nous en plus sur le vin et sur votre relation avec le vin ?"

Jane : "La première fois que je suis arrivée en France, j’étais une vraie novice dans ce domaine ! Pour être franche, j’étais même une novice dans tout ! (rires). C’est Roger Vadim qui m’a fait découvrir le monde du vin et tellement d’autres choses. Quand il n’avait pas un livre dans la main, il avait un verre de vin rouge. Nous sortions souvent et nous recevions souvent. En société, sans être le centre de la conversation, le vin prenait une grande place dans nos discussions. Vous les Français, avez un certain talent pour en parler."

 

Frank : "C’est le Rosé, le vin que vous préférez ?"

Jane : "Oui ! J’aime ce qui est frais ! Mais il faut que je sois très vigilante. Quand vous buvez une boisson fraiche, elle descend dans votre gosier plus facilement ! C’est traitre ! Très vite, vous pouvez vous retrouver pompette !"

 

Frank : "Possédez-vous une cave à vin chez vous ?"

Jane : "Oui ! Mais c’est mon homme qui la gère. Avoir une cave digne de ce nom, c’est une occupation chronophage. Nous aimons honorer nos invités en leur servant de bons crus. C’est une manière de leur dire que nous les apprécions, que nous les aimons. Mais attention, nous sommes très à cheval sur l’étiquette, celle des convenances et de la bienséance. Une femme ne doit jamais se resservir du vin, c’est à l’homme de s’en charger ! On dit souvent que les bonnes manières se perdent à table. C’est vrai ! Un truc qui m’a toujours énervé par exemple c’est la façon dont les gens coupent le fromage. Un brie ça se coupe dans sa longueur et non dans sa largeur ! Autre règle de politesse, vous devez servir le vin d’abord aux femmes, de la plus âgée à la plus jeune, puis aux hommes. Allez savoir pourquoi, on me sert toujours en premier ! (rires)"

 

Frank : "Quatre-vingt ans et un physique de rêve, vous pensez que le vin y est pour quelque chose ?"

Jane : "Je me suis toujours entretenue physiquement ! J’ignore si le vin m’a permis de mieux me conserver mais il est clair qu’à partir du moment où il y a une notion de plaisir, cela fait du bien à votre moral et au reste…"

 

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant aux Etats-Unis

Publié en juillet 2018 dans le magazine Gilbert & Gaillard n°33 

 

*Légende photo : Frank Rousseau aux côtés de Jane Fonda