Jackie Chan : « En Chine, le vin n’est plus réservé à une élite »

 

 Souriant, Jackie Chan vous tend tout de suite la main. En plus de quarante ans de carrière et une centaine de films à son actif, «le Chan» en a mis des roustes. Et il en a reçu aussi pas mal. Mais toujours avec bonne humeur. Le vin c’est pareil, il l’aborde plutôt avec le sens de l’humour !

 

L’anecdote qui m’a le plus marqué en matière de vin, c’est quand j’étais enfant. Mon père travaillait en qualité de cuisinier pour l’Ambassade des etats-Unis, à Canberra, en Australie. Je me souviens que lorsque des grands dîners étaient organisés, le sommelier venait le voir pour connaître la composition du menu. J’imagine qu’il voulait associer ses crus avec les plats concoctés par mon père. Le gars était un grand roux et aimait visiblement beaucoup son métier et son contenu, dans la mesure où il ne se contentait pas de déguster les vins ! Généralement, il finissait les bouteilles qui n’avaient pas été retenues par les convives. Du coup, il n’était pas toujours d’équerre !

Dans les faits, c’est un univers que j’ai découvert un peu sur le tard, car en Chine, c’est plutôt la bière que l’on consommait couramment, mais cela a changé. En 1998, j’ai tourné une publicité pour un vin Australien et en 2014 pour un vin blanc chinois ! La consommation de vin explose en effet, comme vous le savez, dans mon pays. D’abord parce que le pouvoir d’achat de la classe moyenne a augmenté, ensuite parce qu’offrir une bonne bouteille de vin, c’est un signe de réussite. Qui plus est si le vin est Français. Là, c’est le chic ultime. Bref le vin n’est plus réservé à une élite. Il s’est sensiblement démocratisé et mes compatriotes ont su se forger un palais avec le temps d’autant que la production de vins locale a explosé depuis une décennie !

 

Propos recueillis par Frank Rousseau, notre correspondant à Los Angeles