Gelées de printemps meurtrières dans les vignobles

Après un hiver particulièrement doux, une série de gelées nocturnes viennent de se produire, notamment en Touraine, avec apparemment des dégâts considérables.

 

La lutte contre le gel est très difficile. Des techniques d’aspersion d’eau, ou de foyers de chaleur dans les vignes existent, mais elles sont limitées et surtout très couteuses. La vigne est pourtant une plante extrêmement solide qui peut résister quand elle est en dormance (l’hiver) jusqu’à des températures extrêmes de -25 °C. Mais la gelée de printemps est meurtrière car elle se produit à un stade catastrophique. Les jeunes bourgeons de l’année viennent de sortir. Encore tendres, ils ne résistent pas à la pression du gel et éclatent. C’est ce qui s’est produit  ces dernières nuits.

 

Le Languedoc avait d’abord été touché, dans l’ouest de l’Hérault et la plaine de l’Aude (Cabardès, Corbière, Limoux…) avec des températures de -2.5 °C à -5 °C sur les parcelles les plus élevées, dans la nuit du 18 au 19. Cette semaine, du 26 au 27, c’est la Touraine qui a été meurtrie (Chinon et Bourgueil essentiellement, mais aussi le Saumurois, l’Anjou, le Muscadet, le Sancerrois et même la Vendée…). La perte pourrait représenter 70 % de la future récolte, voire plus. Plus tôt dans le mois, c’est Vouvray et Montlouis qui avaient gelé dans des proportions moins importantes.

 

Il est encore un peu tôt pour évaluer précisément les dégâts, d’autant que l’épisode de froid n’est malheureusement pas encore terminé. Souhaitons simplement que les vignerons ne revivent pas le terrible printemps de 1991 qui avait littéralement décimé le vignoble.