Crus Bourgeois : un nouveau cahier des charges pour le futur

Nous en parlions il y a quelques mois lors du décès de Frédéric de Luze qui était alors Président de cette alliance de vignerons. « Crus Bourgeois » est une désignation médiévale de crus du Médoc (les vins appartenant aux habitants du « bourg »). Elle est ouverte aux vignerons des 8 appellations médocaines (Médoc, Haut-Médoc, Listrac-Médoc, Moulis, Margaux, Saint-Julien, Pauillac et Saint-Estèphe) qui produisent des vins de qualité. Un cahier des charges liste tout d’abord les critères à atteindre, et un organisme tiers est nommé (récemment le Bureau Veritas était en charge). Les exploitations font dans un premier temps systématiquement l’objet d’une visite d’éligibilité. Un contrôle a ensuite lieu de façon aléatoire. Enfin les vins sont présentés pour une dégustation à l’aveugle par des professionnels. Ne deviennent « Crus bourgeois » que les vins qui obtiennent la moyenne. C’est l’organisme tiers qui se charge du processus, pour en garantir son anonymat. On ne pouvait qu’applaudir devant le sérieux de cette démarche fonctionnant depuis 8 ans.

 

Comment reconnaitre un Cru Bourgeois ?

 

Un sticker « Cru bourgeois » est alors apposé sur la bouteille. Facilement repérable par le consommateur, il offre en plus d’autres atouts. Un numéro unique, donné aléatoirement, permet aux professionnels de vérifier qu’il n’y a pas fraudes aux quantités (trop de vin produit), et limite les contrefaçons… Un QR code permet aussi au consommateur d’obtenir des informations sur les vins en se connectant sur le site des crus bourgeois.

 

Quels changements dans l’avenir ?

 

185 des 293 adhérents réunis à Listrac ont voté le 14 septembre en faveur de deux grandes nouveautés. Tout d’abord, une hiérarchie qualitative, qui existait autrefois, va réapparaitre. On distinguera les « Crus Bourgeois », les « Crus Bourgeois Supérieur » et les « Crus Bourgeois Exceptionnels ». Ceci était bien sûr fortement demandé par les exploitations les plus exigeantes. D’autre part, l’attribution ne se fera plus chaque année, mais tous les 5 ans. Ceci peut paraitre complexifier un peu le processus de notation/sélection (il va falloir faire des moyennes) mais devrait permettre d’apprécier la constance en matière de qualité et la capacité de vieillissement des vins. Ces modifications devraient intervenir à partir de début 2020 (le millésime 2017 étant le 1er concerné). Enfin, le détail de ce nouveau cahier des charges prenant en compte ces deux axes, ainsi qu’une révision des critères va être établit.

 

« On espère que ces critères resteront uniquement liés à la qualité des vins, sans prendre en compte des considérations surprenantes telle que la taille du parking visiteurs, comme cela a pu faire polémique dans certains classements récents de la rive droite ».