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Costières de Nîmes : hiérarchisation en vue !

Certains vignerons de l’appellation viennent en effet d’en faire la demande auprès de l’INAO. Pourquoi une telle démarche ?

 

Située à la pointe sud de la vallée du Rhône, elle est le trait d’union avec le Languedoc. Le vignoble s’étend entre Nîmes et la Camargue, sur une zone de plateaux caillouteux d’une quarantaine de kilomètres. 72 vignerons, 12 caves coopératives et 3 négociants y commercialisent près de 30 millions de bouteilles par an dont 60% de vins rouges, 30%  de rosés et 10% de blanc.

 

Comme souvent dans cette région, la viticulture est très ancienne (on fabriquait des amphores juste à côté de Beaucaire). Depuis une trentaine d’année (l’AOC date de 1986), les vins produits sont de qualité fiable mais rouges et blancs sont de styles un peu différents selon la zone dont ils proviennent. Après discussions, deux « sous-secteurs » ont donc émergé.

 

« Saint-Roman » (au nord) :

Reprenant le nom de l’abbaye qui produisait déjà du vin en l’an 1000, cette zone contient des gros cailloux ayant été charriés par le Rhône. Ceux-ci chauffent fortement dans la journée (apportant un style chaleureux au vin). De plus, le Mistral, placé dans l’axe, y souffle puissamment (ce qui est bénéfique à l’état sanitaire de la vigne).

 

« Franquevaux » (au sud) :

Là, les cailloux sont plus petits (charriés par la Durance), mais surtout, la proximité des étangs de Camargue provoque dès le milieu d’après-midi des brises marines qui donnent une forte amplitude thermique jour/nuit. Les vins y sont donc plus frais. Ici aussi, le nom choisit fait référence à une ancienne abbaye, la grande abbaye cistercienne dont l’ancien vignoble est toujours en production.

 

 

Les Costières de Nîmes c’est : 72 vignerons, 12 caves coopératives et 3 négociants y commercialisent près de 30 millions de bouteilles par an dont 60% de vins rouges, 30%  de rosés et 10% de blanc.

 

Plus de qualité, et d’écologie

Au-delà de la précision de style qu’on pourrait attendre d’un Costière de Nîmes « Saint-Roman » ou « Franquevaux », les vignerons profitent de leur démarche pour élever les exigences de leur cahier des charges spécifique. Ainsi pour les vins rouges, le rendement maximum baisserait de 60 hl/hectares à 48. De même les vignes devraient avoir au moins 9 ans avant de produire (3 actuellement). Enfin les rouges devraient être élevés au moins 1 an (ils sont actuellement potentiellement disponible dès début décembre).

 

Sur le plan écologique et dans la droite ligne des préconisations de l’INAO depuis mi 2016, les progrès sont également sensibles : interdiction totale d’engrais chimiques, de paillage plastique (qui finit en lambeaux dans la nature) et désherbage chimique uniquement toléré sous le rang de vigne (l’inter rang devant être travaillé mécaniquement). On peut donc se féliciter de cette initiative qui devrait apporter de la précision dans la lecture des terroirs tout en renforçant qualité et écologie. Patience toutefois, car l’INAO se doit de faire un travail sérieux de vérification. La validation de ces dénominations complémentaires n’est donc espérée qu’en 2019.

 

 

Photos : ©David Z (à gauche) - ©Philippe Médard (à droite)