Chaud devant !

Depuis quelques années l'inquiétude du réchauffement climatique gagne les vignerons. Et pour cause, cette année encore dans certaines régions, la récolte a eu lieu 3 semaines plus tôt que les années précédentes. Dans la Loire, les vendanges de sauvignon blanc ont commencé fin août dans certains vignobles, tandis que les "anciens" récoltaient parfois en Novembre !

 

Et la date de récolte pourrait être avancée de 18 jours d'ici un demi-siècle. Si un tel réchauffement permet l'émergence de nouveaux vignobles, comme l'Angleterre, il est à craindre que d'ici 20 ou 30 ans déjà les terroirs les plus emblématiques soient appelés à revoir intégralement leur mode de culture voire... à changer radicalement de cépages.

 

On peut certes aujourd’hui constater que les récoltes sont plutôt réussies depuis quelques années, mais dans certaines régions où les titres alcoométriques frôlent les 16°, le temps presse. Un vin trop alcooleux est un vin qui manque nécessairement d'acidité, or l'acidité est un des facteurs indispensable à l'équilibre, à la conservation, au potentiel de garde d'un vin rouge ou blanc. C'est l'idée de la culture même de la vigne qui est en jeu. Les températures extrêmes la menacent (cette année la vigne a souffert dangereusement de stress hydrique) et provoquent des orages de grêle trop fréquents.

 

Alors comment agir ? L'Inra s'investit dans des recherches pour faire évoluer les pratiques viticoles : utilisation de cépages mieux adaptés, irrigation, réduction de la taille et de l'effeuillage pour mieux protéger le raisin du soleil, nouvelles techniques pour réduire le taux d'alcool ou modifier le pH. Un bouleversement dramatique à tout point de vue pour une culture millénaire... 

 

Découvrez la sélection du guide des vins Gilbert & Gaillard