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Champagnes, vins fins : Savoir ce que l’on achète !

En cette période de fête, on est parfois tenter de se faire plaisir avec quelques grands vins. Mais à moins d’être expert, les risques de confusion foisonnent.

 

Beaucoup de vignerons, quand ils ont acquis une notoriété, ont la tentation d’en profiter pour augmenter un peu leurs ventes. Mais la terre coûte cher et il faut du temps à la vigne pour grandir, s'enraciner et produire des vins de grande qualité.

 

Vigneron et négociant, c'est possible

 

Il est alors possible d’acheter des raisins, voir du moût (du jus), ou même du vin, de l’élever, le mettre en bouteille et le commercialiser sous son nom. Ainsi lorsque lors d'un déjeuner d’été vous commandez un rosé Minuty prestige, pensant-là acheter un des plus grands Côte-de-Provence, vous venez de commander un vin de marque. La star étant le Château Minuty. La pratique n’est pas nouvelle, et être négociant et/ou éleveur n’est pas honteux, ces vins étant souvent de très bonne qualité.

Citons ainsi les vins « Lucien Le moine » (achetés et élevés par Mounir Saouma et Rotem Brakin à Beaune) et d’une qualité reconnue mondialement. Dans ce cas, c’est l’élevage qui leur a permis d’accéder au monde du vin, et ils ont depuis pu acheter un domaine dans le Rhône. De même, les vins « DEux Montille » sont délicieux, même s’ils sont le fruit du négoce d’Alix et Etienne de Montille. Le patronyme est devenu célèbre à l’époque de leur père, Hubert de Montille, et il ne faudra pas les confondre avec ceux de l’ex domaine paternel (Domaine de Montille) à Volnay. Dans le doute on cherchera sur l’étiquette (ou la contre étiquette) les mentions « mis en bouteille par », ou « élevé par » qui montre clairement qu'il s'agit d'un vin de négoce.

La capsule congé (le timbre fiscal sur le goulot) contient aussi l’information : « R » ou « Récoltant » et « N » ou « Négociant » ou « E » (« Eleveur » ou « Entrepositaire agréé »). Une raison supplémentaire de bien se faire présenter au restaurant, toute bouteille commandée, avant même qu’elle ne soit ouverte !

 

Les champagnes aussi

 

En Champagne, la pratique est ultra-répandue du fait même de l’existence de grandes maisons de champagne ne possédant pas suffisamment de vignes. Ici, la réglementation impose de marquer sur l’étiquette (les caractères sont souvent fort petits), un code. « RM » (Récolant-Manipulant) indique que la maison se charge de tout (viticulture et champagnisation), tandis que « NM » (Négociant-Manipulant) signifie qu’elle a acheté les raisins à des viticulteurs. Dans le 1er cas, le cultivateur produisant les raisins aura probablement intérêt à en optimiser la qualité (il se chargera de vendre le

produit fini au consommateur), mais n’en déduisez pas pour autant qu’un « RM » sera toujours supérieur à un « NM », car la champagnisation (notamment l’assemblage) est complexe et pas toujours optimisée dans une « petite » maison, alors qu’elle l’est généralement dans les « grandes ».

Par contre les deux autres catégories (ND : Négociant-Distributeur ou MA : Marque-Auxiliaire) sont la plupart du temps moins qualitatives. Comme pour les marques d’acheteur en grande distribution, il s’agit de produits sélectionnés et sur lesquels une étiquette à juste été apposée.

 

Appellations, marques, la confusion s'installe

 

Combien de fois un bordeaux d’AOC Margaux est-il commandé sans bien savoir qu’il s’agit certes d’un grand Médoc, mais pas du Château Margaux ? Ce vin célébrissime a donné son nom à la commune, et dès lors tous ceux qui y sont produits portent le nom de l’AOC. On notera souvent la même confusion entre Mouton-Cadet, vin de marque de la maison Philippe de Rothschild distribution et Mouton-Rothschild, délicieux premier cru de l'appellation Pauillac.

De même Gevrey-Chambertin, Puligny-Monrachet,… font facilement rêver, car ils évoquent les Grands Crus de Bourgogne que sont le Chambertin, ou le Montrachet, sans être au même niveau. Comme certaines communes de Bourgogne, Gevrey et Puligny se sont en effet rebaptisées en ajoutant le nom de leur Grand-Cru à la fin de leur patronyme.

Bref, si l'on veut vraiment se faire plaisir, mieux vaut d’abord se renseigner. La précipitation est toujours mauvaise conseillère !