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Bordeaux et les Anglo-Saxons

Dès le Moyen-âge

 

Aliénor d’Aquitaine, duchesse de ladite province, épouse celui qui devient en 1154 roi d’Angleterre : Henri II. Dès lors, pendant les trois siècles qui suivent, Gascogne et Aquitaine appartiennent à la couronne anglaise. Les bourgeois Bordelais obtiennent alors un privilège d’exportation de vins vers l’Angleterre. En 1303, 102 724 tonneaux y sont ainsi exportés, un record seulement égalé… en 1950 ! C’est la défaite de l’armée anglaise menée par le connétable Talbot qui ramènera Bordeaux à la France.

 

Et ensuite

 

Au XVIIIe, l’export reprend fortement vers l’Angleterre (environ 10 %), mais aussi vers l’Amérique. La demande en vins plus concentrés (moins de « claret ») influence d’ailleurs le style des vins produits. Le futur président Jefferson, de passage à Bordeaux, y note un classement des vins en 1787. Plus tard le blocus anglais contre Napoléon étant désastreux pour ce commerce, le négoce bordelais applaudit à la Restauration. Au XXe siècle, la prohibition américaine entraine naturellement une chute de l’export vers ce marché croissant. Mais ce sont le système de notes du dégustateur Robert Parker, et l’émission « 60 minutes » en 1991 qui font exploser les ventes de Bordeaux vers les USA.

 

Aujourd’hui

 

La place de Londres est incontournable pour la vente des grands Châteaux bordelais. De nombreux fleurons appartiennent d’ailleurs à des familles anglo-saxonnes francophiles, telle les Dillon pour le fameux château Haut-Brion. De fait, les américains aiment tellement les assemblages de cépages bordelais que pour pouvoir les reproduire chez eux, ils ont inventé un nom : le meritage !

 

Retrouvez les vins de Bordeaux du guide des vins Gilbert & Gaillard