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Attaque des vignobles français, solidarité !

Le printemps démarrait mal (cf. nos articles précédents), mais les intempéries ont joué les prolongations… Nos vignerons ont bien besoin de soutien ; focus chez certains d’entre eux.

 

Chablis, bis repetitam

 

Si le gel a détruit une partie de la vigne en avril, cette fois c’est la grêle, tombée il y a une quinzaine de jours, qui a fini de dévaster près de 2000 ha (sur les  5000 du vignoble). « Haché, plus rien ! » commente tristement Raoul Gautherin, présent à Chablis depuis 8 générations. Pour lui, cela sera probablement 40 % de Chablis village en moins. Par chance, les grêlons ce sont concentrés sur le sud et n’ont pas touché le bourg lui-même, épargnant ainsi les Grands Crus. La terre est gorgée d’eau, il va falloir labourer et désherber car une température enfin remontée va inciter fortement la végétation à pousser.

 

Bourgeons grillés à Volnay

 

Plus au sud, à Merceuil, Patrice Allexant a aussi beaucoup souffert. Il aura probablement également 40 % de volume en moins cette année. Mais c’est un gel, exceptionnel, qui en est la cause. D’habitude ce sont les parcelles les plus basses qui peuvent être touchées, mais cette fois le gel est monté très haut et a redoublé en certains lieux. On estime que Volnay est atteint à 80 %. Pluie le soir, gel la nuit, et soleil le matin. C’est l’effet loupe des rayons à travers la glace qui grille les bourgeons. Ladoix et Savigny sont fortement touchés également, tandis que Puligny s’en est tiré. Par chance, Patrice a « une vigne par pays » (Côte de Nuits, de Beaune…) et limite ainsi ses pertes. Mais la nature a maintenant du retard, il faudra donc vendanger plus tard. Et qui dit vendanges tardives, dit aussi risque d’intempéries automnales…

 

Catastrophe dans le Cognaçais

 

Christophe (maison Fillioux) raconte : « un couloir de grêlons, de la taille d’œufs de pigeons, est passé à 20 minutes de chez nous à Juillac-le-coq. Nous avons senti un grand coup de vent et… nous nous en sommes sortis ». C’est loin d’être le cas de tous ! On estime que 3000 ha (sur les 5500 du vignoble) ont été dévastés à plus de 80 %. Pour ces vignerons, cela sera probablement 2 à 3 ans sans récolte car les rameaux contiennent non seulement les bourgeons de l’année, mais aussi ceux de la suivante.

 

Comme tous les agriculteurs, les vignerons préfèrent des clients à des subventions. Alors, par solidarité, faisons-nous et faisons leur plaisir en débouchant quelques-unes de leurs bonnes bouteilles !