Le cheval est-il l’avenir du vigneron ?

S’il ne concerne qu’une petite partie des 70 000 vignerons français, le retour du cheval n’est pas une légende. Mais qu’est-ce qui les poussent à revenir à un mode de travail plus onéreux et plus dur physiquement ?

 

D’abord, comparé à un tracteur fonctionnant aux énergies fossiles, le bilan carbone d’un animal est évidemment bien moindre. Mais le facteur le plus évident est la préservation des sols. Les lourds tracteurs les tassent et toujours aux mêmes endroits (il n’y a qu’à voir les ornières laissées). Dès lors, la matière organique en décomposition a du mal à descendre, et les lombrics qui doivent aérer la terre peinent à remonter en surface. Bref, même quand le vigneron a fait le choix vertueux de ne plus utiliser de désherbants, les sols s’appauvrissent un peu sous l’effet du tracteur. Le cheval, bien que parfois plus lourd (une tonne environ), n’appuie que très parcimonieusement sur la terre et les traces de ses sabots sont réparties aléatoirement au fil des passages. Ainsi, la terre reste saine.

 

Préservation de la vigne aussi

Lors du « décavaillonnage » (le labour entre les ceps eux-mêmes), l’outil qui gratte la terre ne se décale que lorsqu’un palpeur situé en amont de lui a détecté la présence d’un cep. Mais ce palpeur tape contre chaque cep et l’abime. Or les vignes sont fragiles, surtout ses dernières années sous l’effet de multiples maladies du bois. Le cheval, bien plus lent, laisse lui le temps au vigneron de décaler son outil, ce qui préserve la vigne.

 

Pour toutes les tâches… mais pas pour toutes les bourses

Un cheval peut travailler là où le tracteur n’aventure pas ses pneus (pentes trop raides, fin de rang trop petit pour permettre de faire demi-tour, sols détrempés où il s’embourberait…). Avec des outils adaptés, toutes les tâches du tracteur peuvent être faites au cheval (pulvérisation, labour, taille de rameaux supérieurs, ramassage de caissettes de vendanges…).

Mais le travail est bien plus chronophage, très physique et demande une forte concentration. Si le domaine décide d’acquérir ses chevaux plutôt que de louer un tâcheron avec son animal, le coût total sera moindre, mais quand même un peu plus important qu’avec un tracteur. Une estimation tourne autour de 30 à 60 centimes de surcoût par bouteille, pour une densité de 8 000 bouteilles à l’hectare. Ceci rend le cheval inenvisageable pour des bouteilles vendues à moins de 15€.

Mais plus qu’une question de prix, le cheval quand il est réellement utilisé (et pas seulement quelques heures par ans pour faire de jolies photos publicitaires) relève d’une philosophie. Les laboureurs qui ont retrouvé l’incroyable complicité avec leur compagnon millénaire, le silence et les senteurs de la nature, sont d’ailleurs bien souvent en biodynamie.

 

 

 

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