La nature souffle le chaud et le froid

D’avril à Juin la plupart des vignobles ont connu gel, sécheresse, début de canicule, puis fraicheur et pluie. Cet enchaînement climatique perturbe le développement de la vigne et semble s’inscrire dans un cycle à plus long terme qui ne sera sans doute pas sans conséquences pour nos vignerons.

 

Tout a commencé par un hiver trop doux. Beaucoup de régions n’ont connu qu’une unique semaine où la température a vraiment chuté. Or si la vigne était bien en dormance (la sève ne montait plus), une période de froid trop courte ne suffit généralement pas pour éradiquer totalement les maladies (champignons…).

 

Le printemps est ensuite arrivé en avance. Dans son ensemble, la nature s’est réveillée près d’une quinzaine de jour plus tôt que d’habitude. Les bourgeons ont débourré rapidement et les premiers rameaux se sont vite développés. Mais deux épisodes de gel (du 19 au 21 avril, puis du 27 au 28) sont venus donner un violent coup de frein. Dans beaucoup de régions, le gel a même touché des parcelles généralement non « gélives » (Les poches de froid stagnent souvent dans les mêmes endroits : dans les dépressions, et sur les zones orientées nord ou ouest, c’est-à-dire celles qui voient le soleil le plus tard, quand la nuit s’efface). La température est descendue à -3 °C voire à -5 °C ; parfois pendant plusieurs heures. Si les techniques habituelles de lutte contre le froid sont généralement efficaces, elles ne le sont plus quand celui-ci est aussi vif. Dès lors, une grand partie des bourgeons et des jeunes rameaux ont gelé et sont morts de froid, ce qui entrainera très certainement une chute importante des volumes produits en 2017.

 

Ensuite la chaleur est revenue, parfois même trop intensément et sans qu’il ne pleuve. À mi-juin on a même commencé à parler de « canicule » avec des températures supérieures à 35 °C totalement inhabituelles au printemps. De plus, Provence et Rhône commençaient à manquer cruellement d’eau. La chaleur a poussé la vigne à se développer à toute vitesse, forçant les vignerons à relever le plus possible les rameaux pour éviter qu’ils ne retombent au sol. Mais le stress hydrique, lui, est nocif. S’il est trop marqué, les feuilles commencent à jaunir, et la croissance des baies peut s’arrêter. Les quelques rares AOC qui permettent une irrigation exceptionnelle en ont quasiment toutes fait la demande.

 

Par chance ces derniers jours quelques pluies ont mouillé les sols, mais sans vraiment reconstituer les réserves d’eau. Selon les régions il reste encore 6 à 12 semaines avant les vendanges, et la nature est trop imprévisible pour que l’on puisse extrapoler sur la qualité du millésime. Certaines années déconcertantes, comme 2003 avec une canicule estivale, ont - dans certaines régions - donné des vins forts intéressants après quelques années. Mais ce début d’année 2017 reste on ne peut plus inhabituel !

 

 

 

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