Julia Roberts: wine lover and gourmet

C’est sous le soleil du Mexique, au Ritz Carlton de Cancun que nous avons eu le privilège de rencontrer Julia Roberts. Toute menue dans sa robe signée grise et violette griffée Etro. Gigantissime avec ses plateforme-shoes de chez Marni, l’ex Pretty Woman est de retour aujourd’hui dans un film de Ryan Murphy  « Eat, Pray and Love ». Le récit autobiographique d’une Américaine en pleine crise de la quarantaine qui va redécouvrir le bonheur en faisant, notamment, la tournée des restos romains et en portant à ses lèvres des vins locaux !

« Mange, Prie et aime », ce best-seller de Elizabeth Gilbert que le réalisateur Ryan Murphy a adapté aujourd’hui au cinéma, vous le résumeriez comment ?

 

C’est l’histoire d’une quadra paumée qui ne supporte plus la routine et sa destinée toute tracée. Elle décide donc, du jour au lendemain, de tout plaquer. Sa ville, son mari, ses amis, son job !  Alors que la plupart de ses proches l’en dissuadent, elle plie bagages et se met en tête de parcourir le monde. C’est d’après elle, l’unique moyen de se reconstruire et de trouver un sens à sa vie. Ces voyages « initiatiques » en Inde, en Indonésie et à Rome, vont lui permettre de méditer sur elle-même, de s’ouvrir vers les autres, de découvrir l’amour désintéressé et cerise sur le gâteau : les plaisir de la table…

 

Il y a une très belle scène dans le film où l’on voit votre personnage s’extasier devant une superbe assiette de spaghettis servie « al dente » dans un restaurant Italien. La nourriture pour vous, un bon vin, c’est aussi un moyen d’accéder au bonheur ?

 

La question ne se pose pas ! Surtout en Italie et en particulier à Rome. C’est la troisième fois que je me rends dans cette ville et à chaque fois, le charme opère. La scène que vous mentionnez est une sorte de métaphore. A travers cette assiette de pâtes, nous voulions montrer qu’Elizabeth allait enfin se lâcher. Qu’elle allait cesser de contrôler son poids, son destin, son passé, son reflet dans le miroir, son lot d’inhibitions. Ces spaghettis appétissants, accompagnés d’un bon vin, vont être une des clés qui vont lui permettre de briser cette pression qu’elle s’est auto-fixée toute sa vie ! En mangeant cette assiette, elle va enfin prendre soin d’elle…

 

Combien de fois avez-vous tourné cette scène ?

 

Une bonne dizaine de fois ! Comme les pâtes étaient succulentes, je ne pouvais que me servir à chaque fois. La production avait mis à ma disposition un sceau dans lequel j’étais censé cracher les aliments. Mais, j’ai trop de respect pour la nourriture. Du coup, il m’est arrivée plusieurs fois de finir l’assiette. Idem pour le vin. Il était tellement divin que je ne le recrachais pas ! Mes fins de journée étaient plutôt guillerettes !

 

Et sur la balance, ça a donné quoi ?

 

4 kilos de plus ! Mais je n’en ai pas fait tout un plat ! Je n’ai jamais succombé à l’une de ces tyrannies hollywoodiennes qui consiste à manger ce qui est bon à doses homéopathiques. Je vais vous dire : si vous voulez avoir la ligne, évitez déjà d’avoir des frustrations ! Moi, voyez-vous, j’adore cuisiner et j’adore manger. Ma mère était un cordon bleu. Elle nous a élevé avec l’idée qu’un bon repas, préparé avec des produits frais et si possible venant du jardin valait tout l’or du monde. Quand vous avez un tel « background », la quête de la taille zéro, les régimes à gogo… vous vous en fichez éperdument ! C’est même le cadet de vos soucis. La seule chose qui vous motive, c’est de manger des trucs sains, non bourrés de pesticides ou de je-ne-sais-quelles-autres-saloperies !

 

Et le vin dans tout ça ?

 

Je ne comprendrais jamais ces gens qui boivent de l’eau en savourant une bonne viande. Le vin, c’est le ying ! Le poisson, les crustacés, les pâtes, un bon ragoût…le yang ! L’un comme l’autre sont indissociables. Je me rappelle d’un séjour à Paris particulièrement intéressant à ce propos. Assis derrière moi, il y avait un jeune couple d’Américains qui mangeaient un poulet rôti… accompagné de Coca ! Je n’ai pas pu m’empêcher d’appeler le sommelier pour lui dire : «Vous voyez les gens attablés là-bas ? Pourriez-vous leur servir un Côte de Brouilly en leur disant que c’est la maison qui leur offre. Vous mettrez cette bouteille sur ma note bien évidemment ». Que voulez-vous, çà m’enrage de voir que certaines mauvaises habitudes perdurent chez mes compatriotes !

 

Vous êtes vous constituée une cave, Julia ?

 

Disons que j’ai quelques bouteilles que je conserve dans une armoire à vin ! C’est pratique ! Ca conserve bien ! Mais cela n’a certainement pas le charme de vos caves voûtées…

 

Le dernier vin que vous avez bu, c’est…

 

Un vin de Bourgogne ! Un chablis plus précisément. C’était hier soir ! Malheureusement, je l’ai dégusté au cours d’une discussion qui m’a filé la nausée : la marée noire de BP. Ce qui est arrivé dans le Golfe du Mexique m’a coupé l’appétit…

 

Que pensez-vous des viticulteurs qui conditionnent leur production dans des bouteilles en plastique ?

 

Quelle hérésie ! Le bois et le verre …c’est ce qu’il y a de mieux pour préserver le vin. C’est surtout plus écologique que le plastique. Franchement, je ne vois pas le plaisir que l’on peut prendre à ouvrir une bouteille de vin conditionné dans plastique. Le sympathique bruit que fait le bouchon de liège lorsqu’on l’extrait d’une bouteille de verre est en soit…déjà le signe annonciateur d’un moment privilégié ! Est ce que vous offriez un diamant  à une femme dans du papier toilette ? Non…pour moi, le vin ou le Champagne, c’est la même chose ! Il faut un contenant parfait pour que le contenu vous émoustille encore plus ! Si en plus, quelqu’un joue Cole Porter pour créer l’ambiance et soudain le lieu où vous dégustez votre vin devient l’antichambre du Paradis !

 

Il paraît que dans votre quartier, on vous surnomme recycled-woman ?

 

Je prends ça comme un compliment ! Je l’admets, je suis très focalisée sur le recyclage. Maintenant, qu’on ne me dise surtout pas « Que ça prend du temps ! ». Le tout, c’est de s’organiser et de faire appel au bon sens. Ce n’est pas compliqué de faire la différence entre une bouteille de verre et des boîtes de céréales vides en carton. Aussi, ai-je mis en place à la maison un tri sélectif des poubelles extrêmement drastique. En ce moment, voyez-vous, je suis entrain d’enseigner à mes gamins comment faire notre propre compostage domestique. Grâce aux épluchures de légumes, aux restes de repas et autres déchets, nous réduisons ainsi sensiblement le volume de nos ordures ménagères à traiter par la collectivité et parallèlement enrichissons en apport organique divers la terre de notre jardin .  Au bout de la chaine, nous savourons des légumes que nous faisons pousser nous-mêmes. C’est économique, garanti sans pesticide et infiniment meilleur pour la santé ! Et puis, on sait au moins d’où proviennent nos cultures. Traçabilité béton !!!! (rires)

 

Voilà tout juste vingt ans, le monde entier faisait de vous une star avec « Pretty Woman » ? Avant de tourner cette comédie avec Richard Gere, vous aviez déclaré que vous n’étiez qu’une citrouille en attente d’un coup de baguette de magique...

 

Oui ! Et j’ai aussi dit qu’avant « Pretty woman » , je pouvais mettre un tire-bouchon  entre mes deux incisives. J’avais ce qu’on appelle les dents du bonheur...

 

Gardez-vous de bons souvenirs de ce tournage ?

 

Oui ! Si ce n’est que je me suis foulé les deux chevilles en marchand avec ces cuissardes et que ma peau a vachement souffert à cause des scènes de bains moussant avec Richard Gere. Vous savez, lorsque nous nous retrouvons dans ce palace de Beverly Hills. Un jour, j’ai passé dix heures d’affilée dans l’eau de ce bain. Quand j’en suis ressortie, je ressemblais à une petite vieille, ma peau était toute fripée. Le plus dingue, c’est que Richard continuait à me savonner l’épaule. A un moment, j’ai dit stop. Ma peau commençait à craqueler. D’un autre côté, nous tournions au Beverly Wilshire, l’un des palaces les plus côtés de la côté ouest des Etats-Unis. Avec Richard, nous avions fait ami-ami avec les sommeliers de l’établissement. Du coup, nous avons pu savourer des crus mis en bouteille bien avant ma naissance.

 

On vous a vu récemment dans un magazine américain conduire un tracteur. Envisageriez-vous une éventuelle reconversion dans l’agriculture ou la viticulture  ?

 

Qui sait ? Ces photos ont été prises dans mon ranch du Nouveau-Mexique ! J’aime faire de longues virées sur mes terres avec mon tracteur. Cela me détend ! C’est aussi le seul moyen que j’ai trouvé pour reposer mes chevaux !  Le tracteur, c’est enfin, une super-carotte vis-à-vis de mes enfants : « Si tu n’es pas sage, tu ne monteras pas avec maman sur le tracteur ! »…

Propos recueillis à Cancun (Mexique) par Frank ROUSSEAU

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