Guide de la région : Vallée du Rhône

Il est de coutume de diviser en deux parties bien distinctes cet immense vignoble très étiré dans sa partie Nord, qui court le long du Rhône avant de s'évaser vers le Sud. Nous ne dérogerons donc pas à la règle et les aborderons consécutivement en commençant par la partie nord.

LES CÔTES DU RHÔNE SEPTENTRIONALES : elles font vraiment partie de l'élite mondiale des vins de grande qualité et tout amateur connaît leurs noms (Côte Rôtie, Hermitage, Condrieu…). Ici, les vignes s'accrochent sur les pentes les plus escarpées de la vallée du Rhône, à tel point qu'il est quelquefois impossible de les cultiver mécaniquement.
De mémoire de vigneron, certaines parcelles en Côte-Rôtie et en Hermitage n'ont jamais vu passer le moindre tracteur. Seule la qualité de ces vins (terroir d'exception et microclimat remarquable) justifie le maintien d'une culture aussi difficile. Cette notoriété vient du terroir, évidemment, mais aussi de la qualité des cépages et du savoir-faire des vignerons. Ce sont des vins structurés, charpentés, aromatiques et complexes, aptes au vieillissement tant pour les rouges que pour les blancs (exceptés les vins de viognier). De faibles rendements et des propriétés de petite taille - les vendanges ne prennent souvent qu'une journée - permettent aux vignerons des Côtes du Rhône septentrionales d'offrir une palette de vins extrêmement variée dans chaque appellation.



LES CÔTES DU RHÔNE MÉRIDIONALES : ce vignoble s'étend au sud du département de la Drôme, sur la moitié du Vaucluse, la pointe sud de l'Ardèche et la Côte du Rhône gardoise. Le nom de "Côte du Rhône" remonte au XVe siècle. C'était le nom de l'une des deux vigueries (zone sur laquelle le viguier - sorte de magistrat dans le Midi - exerçait sa juridiction) d'Uzès, marquant les tonneaux en partance du port de Roquemaure. Contrairement à son voisin du nord, le vignoble méridional se caractérise par la monoculture. Nombreux sont les villages dont l'unique activité est liée au vin. La production de "Côtes du Rhône" y est, de loin, la plus importante, les "villages » (18 communes pouvant accoler leur nom à l'appellation) constituant les fleurons des crus locaux.
Cette production massive n'exclut pas la qualité, tant pour l'A.O.C. régionale que pour les Côtes du Rhône-Villages et a fortiori, pour les huit appellations locales (ou crus) que sont Beaumes-de-Venise, Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Lirac, Rasteau, Tavel, Vacqueyras et Vinsobres. Dans ces appellations, l'assemblage est de mise (voir rubriques cépages). Les rosés (à noter que Tavel ne produit que des vins de cette couleur) sont élaborés par saignée ou par pressurage direct. La maîtrise des rendements (35 hl/ha dans le Vaucluse, 42 à 48 hl/ha dans le Gard pour les crus, 42 hl/ha pour les Côtes du Rhône-Villages et 52 hl/ha pour le côtes-du-rhône régional) est un des facteurs qui a permis aux vins des Côtes du Rhône méridionales de véhiculer une image qualitative et de conquérir de nombreux marchés, en France comme à l'étranger.


LES VIGNOBLES « SATELLITES » : Cinq vignobles d'appellation se rattachent désormais aux Côtes du Rhône, même s'ils sont un peu plus excentrés par rapport au fleuve :
Le Diois : Trois appellations dont deux vins effervescents, Clairette de Die (88 % de la production) et le Crémant de Die (12 %) et une en vin tranquille : Châtillon-en-Diois.
Les vins de Grignan-les-Adhémar : sur la rive gauche du Rhône dans le département de la Drôme.
Les Ventoux : Plus au sud, ils étendent leurs 7 500 hectares sur le piémont du Mont Ventoux, plus haut sommet de Provence.
Les Luberon : Second vignoble du Vaucluse, ce fier cru de terroir naît dans un site naturel extraordinaire (le parc naturel régional du Luberon) au Nord de la rivière Durance.
Les Costières de Nîmes : C'est le vignoble le plus méridional de la vallée du Rhône, qui jouxte d'ailleurs celui du Languedoc (département du Gard).


LES CÉPAGES :
Grenache, mourvèdre, syrah et cinsault principalement en rouges. Les blancs emploient essentiellement : clairette, bourboulenc, viognier, roussanne et marsanne ; clairette pointue et muscat petit grain dans le Diois.
Le châteauneuf-du-pape peut utiliser 13 plants : clairette, grenache, mourvèdre, syrah, picpoul, cinsault, counoise, muscardin, terret noir, vaccarèse, picardan, roussanne et bourboulenc. En vérité, bien peu de vins puisent réellement aujourd'hui dans ce vaste réservoir.


LES TYPES DE VIN :
Vigoureux et même chaleureux dans certains cas, les crus rouges (du nord comme du sud) doivent être attendus plusieurs années (3 à 5 ans au moins, plus pour une côte-rôtie par exemple).
Les Côtes du Rhône et Côtes du Rhône-villages se montrent plus dociles dès leur jeunesse, sauf particularité de vinification ou d'élevage. Les blancs sont également des vins de soleil capiteux et parfumés, l'acidité jouant un rôle important dans leur tenue. Pourtant au vieillissement certaines cuvées atteignent des sommets de complexité et de finesse.


Profil des derniers millésimes :


2010 : De faibles quantités mais des vins de fort belle qualité : rouges denses, aromatiques et complexes ; blancs et rosés  purs et d'une grande finesse d'expression. Les rouges ont besoin d'élevage mais devraient commencer à faire de belles bouteilles dès cette année. De grandes bouteilles dans le nord, assurément faites pour la garde.
 

2011 : Il se révèle extraordinairement hétérogène, en particulier sur les vins rouges qui constituent la majeure partie de la production. Les vendanges ont débuté fin août avec environ 10 jours d'avance par rapport à 2010. Pour la syrah et le mourvèdre, le millésime est globalement d'excellent niveau avec de belles expressions de cépage et des vins pleins et complexes. Pour le grenache on note des différenciations nettes selon les secteurs, très liés aux niveaux de pluviométrie et à la période de récolte. Avec beaucoup de fruité, 2011 se rapproche davantage du millésime 2009, avec des arômes de cerise et de pruneaux, une légère surmaturité et un côté chaleureux.
 

2012 : Soumise à un régime incessant de pluie alliée à des températures plutôt douces, la vigne a poussé de manière exubérante. Ainsi les maturités tardives ont été compensées par une bonne homogénéité. Les rouges sont denses, avec une trame tannique serrée. Les blancs vendangés assez tôt ont préservé une belle acidité. Un millésime correct.
 

2013 : Comme dans bon nombre de vignobles du sud, le millésime est très réussi en Vallée du Rhône. Belles acidités, bonne qualité de fruit, une vivacité bienvenue, sans excès. Les rouges sont colorés, les blancs tendus et les rosés arborent une belle pureté aromatique. A suivre…


Les Accords Mets-Vins :


Les vins de la Vallée du Rhône se divisent (schématiquement) en deux parties. Les rouges du nord sont charpentés, corsés, pleins de sève et souvent aptes à une longue garde. Accordez-leur des mets puissants et aromatiques : bécasses, grives, civet de lièvre, daube de bœuf… Les blancs (Condrieu, Château-Grillet, Hermitage, Saint-Joseph…) sont riches et intenses ; les poissons (truite, anguille ou brochet) leur vont très bien, ainsi que les volailles crémées (poule, chapon, dinde…), préparées en vessie, rôties ou encore farcies d'olives.
Côté sud, les rouges sont en général plus souples, fruités (pruneau) et réglissés (la typicité du grenache). Les grillades de bœuf, de veau, de mouton ou de porc sont leurs plats favoris. Largement saupoudrées d'herbes et d'aromates bien sûr ! Les rosés font merveille sur les charcuteries de pays et les fromages (pélardon des Cévennes, picodon de la Drôme…).
Les blancs peuvent accompagner agréablement l'apéritif - notamment les effervescents (Saint-Péray et Clairette de Die). Puis vous continuerez (avec un vin tranquille) sur une délicieuse poêlée de champignons : coulemelles, pleurotes, girolles…

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