La vigne connaît deux types d'ennemis : les maladies cryptogamiques et les parasites animaux. La recherche d'un état sanitaire optimal des raisins n'est devenue une préoccupation constante pour les vignerons qu'à partir du XIXe siècle : en trois vagues successives et réparties sur une génération, oïdium, mildiou et phylloxera ont failli éliminer la vigne du paysage agricole français.

 

Les maladies cryptogamiques

Elles sont généralement due à des champignons qui attaquent selon les espèces soit les organes verts de la vigne (feuilles, rameaux, grappes) soit le tronc. Les plus fréquentes sont l’oïdium, le mildiou, le botrytis, l’excoriose, l’eutypiose et l’esca.)

 

L'oïdium

C'est une maladie cryptogamique provoquée par un champignon, l' "Uncinula necator", qui s'attaque à tous les organes verts de la vigne et en particulier aux jeunes baies en voie de croissance. Cette attaque se traduit par l'apparition d'une poussière grisâtre. Les vignerons luttent contre cette maladie grâce à la "bouillie bordelaise", une solution à base de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, pulvérisée régulièrement sur les vignes.

 

Le mildiou

C'est une maladie due à un champignon qui se développe sur les feuilles. Cela se traduit par l'apparition sur les feuilles de ce qu'on appelle la "tache d'huile". Les tissus touchés par la tâche se dessèchent, tandis que sur la face intérieure de la feuille, au niveau de la tâche, se forme une légère moisissure dans laquelle sont produites des spores asexuées qui, dispersées par le vent transmettent l'infection. L'humidité permet le développement de la maladie, qui est combattue par la bouillie bordelaise et par des traitements au soufre sous forme de pulvérisations. Les jeunes sarments et les grains de raisins peuvent également être attaqués.

 

La pourriture grise

Autrement connue sous le nom de Botrytis cinerea, la pourriture grise est un champignon s'attaquant aux raisins pendant leur phase de maturation. L'humidité favorise son développement. Lorsqu'elle attaque des raisins blancs déjà mûrs, on l'appelle la pourriture noble. Dans ce cas, elle est très recherchée pour les grands vins blancs liquoreux notamment en Sauternes.

 

L'excoriose

C'est une maladie cryptogamique due à un champignon qui apparaît le plus souvent en hiver au moment de la taille. Il s'attaque aux bois qui vont présenter des cloques, des fendillements et des crevasses contenant des spores du champignon. C'est au printemps que le risque d'infection est le plus élevé surtout lorsqu'il est humide.

 

L'eutypiose

C'est une maladie de dépérissement de la vigne causée par un champignon pénétrant dans le bois à partir des plaies de la taille. Ses principaux symptomes sont la petite taille des feuilles, qui sont enroulées, déformées et déchiquetées. Cette maladie s'attaque également à d'autres fruits tels que le cassis ou l'abricot.

 

L'esca

C'est une maladie cryptogamique causée par plusieurs espèces de champignons. Elle entraîne un dépérissement de la plante et s'attaque principalement aux vieillies vignes.

 

 

Les parasites animaux de la vigne

En plus des maladies causées par des champignons, la vigne subit souvent les attaques de parasites animaux. On peut distinguer les insectes (phylloxera, cicadelle, phalène, otyorinque) les acariens (araignée rouge, araignée jaune, érinose, acariose…), les vers de la grappe (eudémis, cochylis…), les virus (court noué) et les bactéries (maladie de Pierce, flavescence dorée…)

 

Le phylloxera

C’ est le plus célèbre des ravageurs de la vigne, comme le rappelle son nom «phylloxera vastatrix. Il s’agit d’un puceron qui s’attaque aux racines des vignes de Vitis vinifera entraînant leur dépérissement puis leur mort. Le phylloxera, qui détruisit les vignobles européens à la fin du XIXème siècle, obligea les vignerons à replanter entièrement leur vignes sur des porte greffes insensibles à la maladie, le plus souvent d’origine américaine (Vitis rupestris, Vitis riparia, Vitis berlandieri). On essaya aussi des porte greffe, issus de croisements avec Vitis vinifera mais ceux-ci se sont avérés moins résistants. Les Californiens, dont beaucoup avaient suivi cette voie, ont dû récemment replanter tout leur vignoble. Les Vinifera francs de pied se trouvent encore dans certaines régions au sol sableux (littoral camarguais) ou inondables, ces configurations empêchant le phylloxera de se reproduire.


 

 

Acariens et autres insectes

Parmi les acariens qui s'attaquent à la vigne on trouve les araignées rouges et jaunes, l'érinose et l'acariose. Du côté des insectes, citons la cicadelle, petit insecte verdâtre qui s’attaque aux feuilles et notamment aux nervures dans lesquelles ils pondent leurs œufs. Les feuilles se dessèchent à partir de leur périphérie, puis finissent pas tomber prématurément.

La phalène à losanges est une chenille qui s’attaque aux bourgeons. L’otyorinque de la vigne s’en prend aussi aux bourgeons tandis que ses larves s’attaquent aux racines des jeunes ceps.

 

Les vers de la grappe

L'Eudemis et le Cochylis, les espèces de vers de la grappe les plus connues, occasionnent des dégâts importants souvent compliqués par l'apparition de la pourriture grise un peu avant la maturité du raisin.

 

Virus et bactéries

On dénombre une quarantaine de virus qui s’attaquent à la vigne. Ils se transmettent généralement par la greffe. Parmi les diverses maladies de la vigne transmises par virus, la plus fréquente est le court-noué ou dégénérescence infectieuse. Dans ce cas, le virus est transmis d'une plante à l'autre par des vers de très petite taille, les nématodes, et entraîne d'importantes baisses de rendements. Un vignoble atteint de court noué doit être arraché en veillant à extraire toutes les racines, puis laissé en repos plusieurs années.

Parmi les maladies transmises par des bactéries, citons la maladie de Pierce qui fait des ravages en Californie et la flavescence dorée, répandue dans le sud de la France.

 

 

Gilbert & Gaillard | 8 juin 2009 | 0 commentaire | Faire un commentaire | Permalien

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