Accueil >> Apprendre le vin

Apprendre le vin

Le vin fait-il grossir ?

   Dégustateurs, simples amateurs de la dive bouteille, ne vous vous êtes vous jamais juré, en constatant l’implantation sournoise de bourrelets disgracieux, que le vin ne pouvait plus appartenir à votre environnement quotidien. Tout du moins jusqu’à l’été prochain ! Gilbert & Gaillard répondent … et vous rassurent.

 

   A l’heure où il n’est plus possible de prendre deux kilos (sous peine de passer l’été dans une cabine de bains, alors que modes et mode de vie nous conduisent à surveiller notre ligne, faut-il suspecter le vin d’appartenir à ces aliments à risques, grands pourvoyeurs de calories, qui vous rangent, si vous n’y prenez garde, dans la catégorie “grande taille”. Le vin est une matière vivante, riche, dense, issue de la patience de l’alchimiste vigneron, donné à déguster, à faire vibrer les papilles pour le plaisir de l’amateur. Peut-on encore aimer le vin sans pour autant être puni ?

 

Une affaire de mode

   Tout d’abord, relativiser ces trois kilos en trop, à perdre absolument, pour oser aborder l’été en toute quiétude. Car, si nous courons après la silhouette “tube”, avec les privations que cela impose, nos aïeules s’échangeaient plutôt des recettes grasses et sucrées destinées à amplifier leurs rondeurs. En fait, il y a souvent un écart, un fossé, entre l’idéal esthétique d’une époque et la réalité. Lorsque nos pays occidentaux avaient du mal à se nourrir, les canons de la beauté (attestés par les œuvres d’art), étaient plutôt du genre fessues, toutes en rondeur. Même chose du côté des hommes, leur embonpoint leur valait le respect et l’admiration, car signes de richesse et de bonne santé.

 

   Paradoxalement, dans nos sociétés où la nourriture est abondante, et où la tendance au surpoids est plus fréquente, on vénère la minceur et les muscles. Or, passer huit à dix heures par jour au bureau n’apporte pas a priori une musculature d’acier. Déjeuner sur le pouce dans un fast-food, ou au restaurant d’à côté, ne pousse pas à l’amincissement. Et puis, aller faire ses courses à l’hypermarché pour n’acheter qu’un kilo d’endives ou une tranche de jambon n’est pas enthousiasmant. Pourtant, sans succomber à des orgies de cassoulet, choucroute, profiteroles, tous les jours, on prend du poids. On sent bien que les choses ne sont plus ce qu’elles étaient, coté tour de taille.

 

Manger pour vivre…

   En principe, nous mangeons pour permettre à l’organisme d’assurer ses fonctions vitales. Lorsque nous consommons de la nourriture, il se passe deux choses. D’abord, nous absorbons des aliments contenant un certain nombre de calories. Mais celles-ci ne sont pas “avalées” en totalité par l’organisme. Un certain nombre de calories sont éliminées lors de la digestion. Car à ce moment-là, on dépense de l’énergie... Et selon les familles d’aliments, ces dépenses seront plus ou moins considérables. Un quart des calories contenues dans les protéines (viandes, sucres) et glucides (féculents), sont brûlés lors de la digestion, contre 4 % pour les lipides (graisses).

 

L’ennemi : les graisses

En fait, beaucoup de nutritionnistes les prennent pour principaux responsables de la prise de poids. Riches en calories (9 cal/g, le double des glucides et des protéines), ils se fixent facilement : les graisses “tiennent au corps”. Une des causes du surpoids actuel provient de leur forte consommation. Elles représentent aujourd’hui plus de 50 % de l’apport calorique total, contre 20 % en 1900. Elles sont partout : gâteaux, crèmes, frites... De plus, elles donnent un aspect luisant aux aliments, qui séduit à l’œil. Leur texture apporte un moelleux en bouche, somme toute très agréable, et qui pousse à la gourmandise. Et pour notre nez sensible, elles prolongent la diffusion d’arômes de certains produits. Un met gras à plus d’odeurs et de goûts que le même plat sans. Imaginez des fraises sans crème.

 

Faites du sport !

Autre facteur d’embonpoint, la faiblesse de l’activité physique dans notre vie quotidienne. Nos ancêtres paysans, lorsqu’ils effectuaient leurs travaux quotidiens brûlaient deux fois plus de calories que nous. Les dépenses énergétiques, liées à l’effort physique vont de 25 % si on est du genre “charentaises”, c’est-à-dire plutôt sédentaire; à 50 % si on court Paris-Roubaix tous les week-ends, ou sans aller jusque-là, pratiquons un sport ou sommes mobiles.

 

Hérédité et éducation culinaire

Enfin, injustice de la nature, certaines personnes ont une constitution qui les expose davantage à l’excès de poids. Hérédité quand tu nous tiens ! Mais ce ne sont pas tant les gènes qui en sont la cause. C’est plutôt l’éducation culinaire qui, transmise à l’enfant, influencera son style alimentaire, une fois adulte. Si notre mère nous a mitonné avec amour, pendant toute notre enfance des plats en sauce, des bœufs bourguignons et autres, le souvenir du plaisir ressenti nous portera à perpétuer ces traditions culinaires... pour le retrouver. Garder la ligne ne signifie pas nécessairement s’imposer un régime d’ascète. Se priver de nourriture engendre bien souvent des réactions boulimiques par contrecoup aux privations que l’on s’impose. Mieux vaut manger de tout, mais modérément et varier son alimentation. Manger savoureux, original, fait brûler davantage de calories que lorsqu’on ingurgite une nourriture fade et triste.

 

La consommation modérée de vin ne fait pas grossir…

Finalement, le vin avec ses 250 composés différents, ses arômes multiples, sa densité, sa richesse en couleurs, ne fait pas grossir, en consommation modérée. D’accord, il contient 7 calories par grammes d’alcool, contre 4 pour les glucides, 9 pour les lipides et 4 pour les protéines. Cependant, l’alcool est le seul aliment que l’organisme brûle en totalité, avant qu’il ne soit stocké dans les graisses. Son importance calorique n’a donc aucun effet sur la corpulence si, parallèlement à sa consommation modérée, votre alimentation est équilibrée.

 

L’arbre ne doit pas cacher la forêt

En fait, l’impression que le vin fait grossir provient de ce qu’on l’accompagne fréquemment d’aliments qui peuvent eux faire grossir, tels que le fromage, la charcuterie, les viandes en sauce… Deux à trois verres de vin par jour ne s’inscriront donc pas sur la balance. Si on est au régime, on peut boire du vin (un à deux verres). Mieux, les tanins du vin auraient des vertus thérapeutiques. Ils exerceraient une action de prévention contre certaines maladies coronariennes et l’athérosclérose.

 

La dégustation du vin : une école de modération

Mieux, déguster un vin, détecter ses arômes, implique la modération. Cet acte participe à une meilleure qualité de vie, à un art de vivre. Apprendre à reconnaître et à goûter un cru, ou simplement, le savourer pour ce qu’il offre relève de la culture. N’a-t-on pas dit que le vin élève l’homme ? Issue des profondeurs de la terre, la vigne en a absorbé les composés essentiels. Le rayonnement solaire en a fait surgir le fruit. Aidé, soutenu par le travail, la patience et l’attention de l’homme, le jus de raisin a pu subir différentes phases de fermentation, jusqu’à devenir un vin, à chaque fois différent. Terre, cépages, hommes, se sont relayés pour aboutir à l’élaboration d’un aliment doté d’une vie propre. En cela, le vin possède une âme. Les amateurs la reconnaissent, et au- delà des délices gustatifs qu’ils détectent, ils entrevoient un symbole de vie, de spiritualité et de convivialité.

 

 

Photo : par Inspiredhomefitness sur Flickr.com - CC BY-NC 2.